Meurtre raciste à Borgerhout
Stop à la pauvreté - Stop au racisme

Le 26 novembre, Mohamed Achrak, un marocain de 27 ans était tué à Borgerhout. Il est presque certain qu'il s'agisse d'un meurtre raciste, il y aurait déjà eu des plaintes avancées contre le coupable. Une action de protestation spontanée de la jeunesse d'origine immigrée a été brutalement attaquée par la police et s'est terminée par des émeutes. Les médias ont insisté sur les émeutes mais passent complètement sous silence les énormes problèmes de société à l'origine de l' évènement.

D'où vient cette colère?

Cependant ces problèmes ne sont pas nouveaux. De plus en plus de personnes sont confrontées au chômage et à la pauvreté. A Borgerhout , 1 habitant sur 5 dépend du CPAS. Mais le pouvoir communal à Anvers juge que ces problèmes ne sont pas prioritaires. Les projets prestigieux comme le " Musée aan de Stroom" ou le nouveau palais de justice sont possibles tandis que le secteur social subit, quant à lui, des coupes budgétaires drastiques. Il y a une menace de licenciement de 200 travailleurs sociaux et le budget du secteur social devrait diminuer entre 38 et 46%. Le chômage à Anvers est deux fois supérieur à celui de beaucoup de villes flamandes. La criminalité et la dégradation des quartiers en sont les conséquences.

Le pouvoir communal, confronté à cette situation, se limite à marcher sur les traces du Vlaams Blok. A propos d' un plan de police contre la petite délinquance à Borgerhout, des fuites avancent que le nom officiel de ce nouveau plan est: "Plan Intégré Marocains". En d'autres terme: la petite délinquance dans un quartier sans avenir, dans ce système n'est pas imputable au système qui n'offre pas de futur, mais à un groupe de victimes spécifiques de ce système! Les Belges pauvres sont dressés contre les pauvres d’origine immigrée. C'est dans ce climat qu'un crime raciste peur arriver.

Contrôle démocratique de la police

Du temps de la Marche Blanche, la population était en masse dans la rue pour exprimer ses condoléances et pour protester contre l'étouffement des affaires. Mais le 26 novembre, l'expression de sentiments identiques a été refusée aux jeunes immigrés de Borgerhout. Leur action s'est heurtée immédiatement à l'intervention très agressive de la police, avec les émeutes comme conséquences.

Nous comprenons la colère des jeunes immigrés. Mais la question est: de quelle manière pouvons-nous nous opposer le mieux possible sans dresser le reste de la population contre nos actions et donner des arguments à la police et au pouvoir communal pour intervenir de manière encore plus répressive? Tout le monde comprend ce que deuil et colère signifient. Mais voir ses carreaux cassés a pour conséquence que cette compréhension fond comme neige au soleil. De plus, ces actes sont utilisés par le pouvoir communal pour continuer la politique de répression.

Au contraire de ceux qui sont présentés comme les porte-parole officiels de la communauté immigrée, la Ligue Arabe Européenne (LAE) anticipe sur quelques préoccupations justifiées de la communauté immigrée. Il est généralement reconnu qu’en matière de contrôle policier, le racisme est souvent présent. De ce fait, les immigrés sont plus souvent contrôlés dans la rue et la police se construit une réputation particulièrement négative. L'intervention violente de la police pendant les manifestations contre la guerre en Palestine en est un des exemples. Pendant ces manifestations des émeutes ont aussi éclaté pour les mêmes raisons. Cette attitude doit être examinée. La tâche de la police est d'éviter les émeutes, pas de les provoquer. Aujourd'hui, la police est engagée contre les immigrés, demain contre les piquets de grève des dockers.

Luttons ensemble pour du travail, les soins de santé et l'éducation: contre la stratégie qui consiste à "Diviser pour régner".

La LAE a gagné vraiment rapidement des partisans. Son porte-parole, Abu Jahjah, a déclaré: "Nous ne trouvons pas de travail, pas de maison, pas d'école pour nos enfants. Aucun parti ne trouve cela assez important pour le mettre dans son programme." Mettant ainsi le doigt sur le point sensible. Trouver du travail n'est pas évident, encore plus si on s'appelle Mohamed ou Ali.

Les partis politiques traditionnels parlent beaucoup d'intégration mais ne sont pas capables de créer les conditions de cette intégration. Tout le monde a droit à un bon travail, à l'éducation, aux soins de santé. Les Belges comme les immigrés sont touchés par les licenciements et par la politique d'austérité. Mais ce sont, cependant, les immigrés qui servent de boucs émissaires. Il est pourtant évident que ce ne sont pas les immigrés mais le gouvernement qui privatise nos services publics et rend nos écoles plus chères. C'est le patronat mondial qui ferme ses entreprises et qui délocalise ses productions vers des pays à bas salaires (justement les pays d'où proviennent les immigrés ). La stratégie "Diviser pour mieux régner" ne peut que nous affaiblir. Nous devons lutter ensemble contre nos problèmes communs.

Ainsi, si la LAE a mis le doigt sur les problèmes réels, il n'est pas toujours clair de savoir quelle solution elle compte mettre en avant. Ainsi, il y a des déclarations inquiétantes avec un point de vue très conservateur sur la famille, le rôle des femmes, les homosexuels,…mais ils ne répondent pas sur le courant islamique extrêmement réactionnaire qui fait ouvertement sa propagande dans les manifestations de la LAE. En même temps, ils réussissent à populariser l'idée de l’auto-organisation, ce qui est en soi un élément positif.

La LAE a agi de manière anticipée, en créant elle-même des patrouilles pour contrôler la police au niveau du racisme. Les médias traditionnels ont poussé de hauts cris et exigé une interdiction immédiate des "milices privées" de la LAE. Mais à nouveau, on reste bouche cousue sur les raisons pour lesquelles beaucoup d'immigrés n'ont aucune confiance dans la police et s'y opposent en organisant eux-même la surveillance de l'action policière.

De plus, avec l'annonce de l'application du principe de la tolérance zéro et l'intervention brutale contre les manifestations à propos du meurtre raciste, il devient encore plus clair que le pouvoir communal vise à criminaliser chaque manifestation. Face à cela, la question se pose de savoir qui exerce dans les faits le contrôle sur la police qui, soit-disant, est responsable de notre sécurité. Pourquoi nous n'avons rien à dire à propos de la police? Un contrôle démocratique sur la police, organisé par la population (les immigrés, les militants syndicaux, la jeunesse, les chômeurs,…) doit être normal.

Quel chemin suivre?

Le MAS/LSP comprend la colère et la frustration énorme que vivent beaucoup d' immigrés à Anvers. Cette colère doit être transformée en actions et en mouvements permettant d’obtenir effectivement des changements.

Sans perdre de vue les problèmes spécifiques des immigrés, la résistance doit être ouverte à un mouvement qui offre un programme qui répond aux problèmes du chômage, de l'économie dans les secteurs sociaux et au manque de logements sociaux,… Un tel programme doit être basé sur une solidarité des travailleurs et de la jeunesse de toute origine. Ce n'est seulement qu'en luttant ensemble contre le système dont nous sommes les victimes, que l'on peut arriver à changer quelque chose! Seul le mouvement ouvrier peut offrir les solutions fondamentales.

Dans le passé, les ouvriers et la jeunesse ont regardé vers le Parti socialiste pour arracher des acquis. Aujourd'hui ce parti ne se soucie plus de ceux qui l'ont fait croître. Au lieu de mettre en avant une alternative socialiste sur le système capitaliste (où littéralement tout doit céder sa place au profit), le parti suit la même logique de la politique néo-libérale que le CDH et le MR. Tout ce qui s'est passé ces derniers jours est le résultat direct de tout cela. On peut changer cette situation. Les ouvriers belges et immigrés doivent construire leur même instrument politique. Le MAS/LSP veut aider à construire cela. Aide nous et rejoins nous!

Mouvement pour une Alternative Socialiste / Linkse Socialistische Partij

Pour tout contact :
BP 10, 11190 Forest 3
Tél et fax : 02/345.61.81
info@socialisme.be