Que ce passe-t-il à VW?

En septembre, VW Forest licenciait 375 ouvriers à contrat à durée déterminée. Fin décembre, l’usine licenciait à nouveau plus de 250 travailleurs à contrat à durée indéterminée. Nous avons interrogé un travailleur de l’usine. Compte-tenu du climat général de répression, il a tenu à garder l’anonymat.

La presse a annonc‚ le licenciement de près de 250 ouvriers avec l’accord de la FGTB et de la CGSLB. Que se passe-t-il à l’usine de Forest?
“La direction a annoncé une réduction du nombre d’ouvriers (292) en raison d’une baisse de production, de 270.000 à 230.000 voitures (Lupo et Golf) car le marché est saturé. Elle a proposé au syndicat de discuter de critères de licenciements.”

Les syndicats ont-ils contesté ces licenciements?
“Non. Il n’ont pas contesté le principe. Au conseil d’entreprise, ils ont essayé‚ d’adoucir les pertes d’emploi en discutant des critères de licenciements. Par exemple en proposant la prépension pour les plus àgés, le départ sur base volontaire en tenant compte de l’ancienneté, ou encore en instaurant un chômage partiel. La direction n’était pas d’accord sur ces critères”.

Mais il faut un avis unanime du conseil d’entreprise?
“Oui, mais les délégués ont accepté de signer le procès-verbal et de rediscuter par la suite des critères de licenciement. Ils ont donc signé un chèque en blanc.”

Quel est était l’avis des ouvriers sur la chaîne?
“Contre les licenciements et pour du chômage partiel. Entre-temps les AM (brigadiers) avaient rempli des fiches d’évaluation. Les contestataires étaient évidemment mal notés. On a tenu compte aussi des arrêts maladie depuis 1999, des lettres d’avertissement, des avertissements verbaux.”

La direction a donc joué sur les deux tableaux: diminuer le personnel et se débarrasser des ouvriers combatifs?
“Elle a établi ses propres critères et est parvenue à faire avaler ces critères à la délégation syndicale. La FGTB et les libéraux ont accept‚ la plupart des critères. La CSC n’a pas accepté mais n’a rien fait pour s’opposer aux liceneiements. Dans les travailleurs licenciés, certains ont 20 ans d’ancienneté...”