Chaque année, la route fait 1.500 morts dans notre pays: enfants renversés par des chauffards, cyclistes fauchés sur la route, automobiles écrasés sous les tôles de leur véhicule sur l'autoroute, adolescents arrachés à leur famille en rentrant d'une discothèque. Sans compter les handicapés à vie, les paralysés, les polytraumatisés et toutes les blessures physiques et morales? Et-ce le prix inévitable de la modernité?
Par Peter Delsing
En janvier dernier on a assisté au spectacle étonnant de minis-tres se rejetant mutuellement les responsabilités en matière de sécurité routière. Steve Stevaert, ministre flamand de la Mobilité, prenait publiquement à partie Isabelle Durand, ministre fédérale des Transports et de la Mobilité, pour une affaire de radar automatique. Incontestablement les ministres savent que la sécurité routière est un problème qui tient à coeur de beaucoup d'électeurs.
Avec autant de ministres des Transports et de la Mobilité (Isabelle Durand au fédéral, Steve Stevaert en Flandre, José Daras en Wallonie et Jos Chabert à Bruxelles) on devrait s'attendre à une plus grande responsabilité du pouvoir politique en matière de transport.
Le problème est qu'aucun de ces ministres - le bruyant Steve Stevaert en premier lieu - ne s'oppose à la politique de privatisation des transports publics menée sous la bannière de l'Union européenne.
En matière de transport, cela fait belle lurette que la route s'est taillée la part du lion: tant pour l'acheminement des marchandises que pour le transport des personnes. Mais aujourd'hui, ce qui reste de transport public est menacé de privatisation. En Flandre et en Wallonie, de nombreuses lignes de bus sont sous-traitées par le privé. En Flandre, les groupes Vivendi et Ligne Bus sont en train de mettre la main sur des lignes de bus.
Plus les lignes seront privati-sées, moins il y aura de fréquences car le critère du profit sera déterminant.
Aujourd'hui, les trains, les trams et les bus ne fournissent pas un service suffisant que pour être une alternative à l'automobile. Aux heures de pointe, pas moyen de trouver une place assise. Aux heures creuses, les fréquences sont trop espacées.
Ce qui manque en matière de politique des transports est la volonté de couvrir réellement les besoins et de s'en donner les moyens financiers, par exemple en imposant aux capitalistes un impôt sur la fortune. Le poids du lobby de l'industrie automobile est un obstacle de taille à l'instauration de transports publics gratuits et de bonne qualité.
Ce n'est que dans le cadre d'une économie démocrati-quement planifiée que l'on peut tenir compte des préoccupations des usagers et des producteurs, les travailleurs de l'automobile et des autres secteurs. Les gens échapperaient aussi au rythme de vie trépignant imposé par le capitalisme: courir pour attraper le bus, écraser le champignon.
La politique de transport serait élaborée par tous les intéressés au cours de réunions démocratiques et échapperait à la loi du marché. C'est pour une telle société que nous luttons.
Rejoignez-nous afin de faire de ce projet une réalité!