L’organisation étudiante du Vlaams Blok, le Nationalistische Studentenvereniging (NSV), veut manifester le 7 mars à Gand sous le slogan: "Pour une Flandre indépendante".
Le NSV est un vivier de recrutement pour les futurs dirigeants du Vlaams Blok. Il tient cependant à marquer de temps en temps sa différence en adoptant un profil "plus radical". Ces dernières années ont vu le NSV multiplier les attaques phy-siques contre des militants de gauche et émettre des points de vue qui en disent long sur la nature de ce mouvement (lire ci-dessous).
Pourquoi manifester contre le NSV?
Nous manifestons le 7 mars contre le défilé annuel du NSV et du petit person-nel appointé du Vlaams Blok. Quelques arguments pour organiser une forte contre-manifestation.
La campagne que nous avons menée contre la dernière manifestation du NSV à Gand nous a permis de montrer la nature violente du NSV auprès d’un large public d’étudiants. Cela n’a pas peu contribué à l’isolement du NSV à tel point que même le Vlaams Blok a dû s’en distancier officiellement. Résultat de la campagne anti-NSV: les fascistes n’ont réussi à rassembler que 100 manifestants au lieu des 400 qu’ils avaient les années précédentes. La contre-manifestation était dix fois plus forte, ce qui a eu pour effet de mettre fin à une série d’attaques contre les militants de gauche. Depuis lors, le NSV de Gand ne s’est jamais remis de ce coup et n’est plus qu’une organisation anémique sans soutien parmi les étudiants. Allons-nous leur permettre de redresser la tête? Nous voulons utiliser la campagne contre la manif du NSV pour jeter une lumière crue sur la véritable nature du Vlaams Blok. Nous avons encore pu lire ceci en 1997 dans une édition controversée du journal du NSV gantois: "Un Nègre qui a grandi dans la jungle d’Afrique, qui étire ses lobes d’oreille jusque par terre, qui s’enduit les cheveux de bouse de vache (...) peut sans doute être entraîné à imiter nos usages de Blancs, il n’en demeurera pas moins incapable intellectuellement de satisfaire à nos normes, ne fût-ce qu’en raison du volume plus petit de son cerveau." Pouvons-nous accepter de telles infamies? Allons-nous agir contre de telles abjections?
Une campagne contre une manifestation des fascistes ne peut pas se limiter à simplement rejeter le Vlaams Blok. Elle peut être l’occasion de faire entendre un message positif sur la nécessité d’une véritable opposition à la politique de droite. De concert avec le mouvement antimondia–liste, nous devons nous emparer de thèmes tels que le chômage, la pénurie de logements, la flexibilité,... En bref, mener une énergique opposition anticapitaliste qui puisse apporter une alternative à la résistance passive dont le Vlaams Blok est l’expression en Flandre. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons stopper la croissance du Blok.
Avec la manifestation anti-NSV, nous nous en prenons à la direction fasciste du Blok. Nous voulons du même coup limiter sa marge de manoeuvre et construire une opposition de gauche. Avec une forte opposition de gauche, nous pourrons gagner les électeurs du Blok à travers des mouvements de lutte et renvoyer la direction fasciste aux égouts dont elle n’aurait jamais dû sortir.
Le "United Colours Committee" veut malheureusement se limiter à organiser une fête en plein air et à décorer de fleurs le point de départ de la manifestation fasciste. Ce n’est pas une mauvaise idée en soi d’organiser une fête ce jour-là pour autant qu’elle ne se substitue pas à une véritable action contre les fascistes avec un contenu politique.
Nous nous posons aussi des questions sur la plate-forme de ce comité. Elle stipule notamment: "Le United Colours Committee appelle la communauté internationale à intervenir aussi vite que possible dans tous les conflits armés". Comme en Bosnie, en Somalie, au Timor Oriental,...? Et quel message adresse-t-on aux électeurs du Vlaams Blok? Comment allons-nous faire pour empêcher le NSV de s’accaparer entièrement les rues de la ville?
Nous ne sommes évidemment pas contre une fête pour la tolérance, mais nous pensons que cette initiative ne suffit pas. Nous voulons engager la discussion sur la question de savoir comment nous allons pouvoir effectivement stopper le Blok et comment nous adresser à ses électeurs. Nous voulons en outre que la manif anti-NSV empêche les fascistes de s’accaparer totalement les rues de la ville.
Geert Cool