Mc Donalds:
Big Mic Mac antisyndical?

Le syndicalisme est-il un luxe pour les salariés de chez Mac Donald’s? Posée en ces termes la question peut paraître abrupte, voire pour certains provocante, pourtant, c’est bien ce refus catégorique du gérant du McDo de Strasbourg-St-Denis à Paris de réintégrer cinq salariés licenciés parce qu’ils souhaitaient se présenter aux élections syndicales qui est à l’origine du bras de fer qui oppose, depuis le 24 octobre 2001, 38 des 42 salariés de ce McDo à leur gérant.

Pour le gérant du McDo leur licenciement n’est évidemment en rien lié à leur souhait de se présenter aux élections syndicales des délégués. Les licen–ciements seraient liés à un “détournement d’environ 150.000 euros”. Interdiction de rire! Mais comme l’expliquait dans une inter–view Abdel Mabrouki syn–dicaliste du collectif CGT de la restauration rapide du réseau précarité: "Au McDo de Strasbourg-St-Denis, les salariés licenciés sont accusés de vol mais la direction a simplement déposé plainte contre X. Ça peut être n’importe qui, ça peut être tous les salariés, donc il faut virer tous les salariés! Quant à moi, je suis mis en examen pour tract diffamatoire, c’est pour me faire craquer, c’est un moyen de pression en dehors de la boîte, pour dire qu’on est des “méchants” ou des voleurs?"

Mais comment expliquer le refus du gérant du McDo de voir des salariés se syndiquer? A ce sujet les propos du gérant du McDo de la rue de Rivoli à Paris où les salariés ont voté un débrayage pour soutenir les salariés du McDo de Strasbourg-St-Denis en disent long: "C’est moi qui décide si vous travaillez ou pas". "Vos revendications, c’est du vent, c’est rien!?"

On imagine bien à quelles difficultés se heurtent les salariés de la restauration rapide pour défendre leur droit syndical, leur droit de pouvoir travailler dans des conditions dignes.

En outre il ne faut pas oublier que le plupart des salariés des McDo sont soit des étudiants, qui ont beaucoup de mal à s’investir dans un mouvement qui risque de leur faire perdre le seul moyen dont ils disposent pour financer leurs études, soit des salariés sans qualification issus de l’immigration pour lesquels être salarié du McDo leur assure des conditions de vie à peu près décentes et qui reste une des bases nécessaires et indispensables aux renouvellement de leur titre de séjour en qualité de résident étranger. Les pressions en tout genre (agressions verbales, harcèlement, menaces,...) n’ont pas réussi à diviser le mouvement de grévistes, qui pourrait gagner en se propageant vers d’autres McDo.

Nous appelons à soutenir les salariés du McDo de Strasbourg-St-Denis. Le 2 février, jour de leur manifestation, Résistance Internationale organisera une action de solidarité en Belgique pour les aider à défendre leurs droits les plus élémentaires face au système d’oppression mis en place par McDo. Si McDo peut se permettre de perdre plusieurs millions d’euros en revanche, il ne pourrait se permettre d’entacher son image par une grève plus longue qui jouerait en sa défaveur auprès de la population.

Jean-Hilaire Mihindou