Le 16 janvier le syndicat Nigerian Labour Congress (NLC) a organisé une grève générale à travers tout le Nigéria. Toute l’industrie, les banques, les marchés, les magasins et l’administration ont été paralysés.
Le premier janvier le gouvernement avait augmenté de 20% le prix à la consommation pour les produits pétroliers. Le Fonds monétaire international, la banque mondiale et les créanciers extérieurs ont exigé une hausse des prix comme condition préalable à l’octroi d’un crédit de 32 milliards de dollars. Le premier jour de la grève, le gouvernement Obasanjo a annoncé les détails concernant la troisième phase de privatisation. Le fournisseur d’électricité (NEPA), la compagnie aérienne nationale, la société des ports maritimes et 20 autres entreprises publiques seront privatisées.
Le succès massif de la grève montre la colère des masses contre la politique néolibérale du gouvernement Obasanjo. Deux ans et demi après la fin de la dictature militaire il n’y a aucune amélioration du niveau de vie de la population.
Le Nigéria est connu pour ses conflits ethniques et religieux. Le succès de la grève montre aussi la capacité de la classe ouvrière de repousser à l’arrière-plan les conflits ethniques et religieux afin d’unir la population autour d’un programme général pour les travailleurs.
Répression
Des dizaines de dirigeants syndicaux ont été arrêtés pendant la grève. Le gouvernement a déclaré la grève illégale. Parmi les dirigeants arrêtés figure Demola Yaya, le responsable du travail syndical du Democratic Socialist Movement (DSM). DSM mène campagne pour la libération de tous les travailleurs et dirigeants syndicaux arrêtés et pour la fin de la répression contre les syndicats et contre les socialistes.
Nous exigeons le respect de la liberté d’association et des autres droits démo–cratiques. Nous menons aussi campagne pour la mise sur pied d’un parti politique ouvrier capable d’engager la lutte contre les mesures néolibérales appliquées par les partis pro capitalistes et qui prendra des mesures socialistes s’il arrive au pouvoir.
Segun Sango,
Secrétaire Générale DSM
Lagos