La double stratégie du Vlaams Blok
A l’approche de la manifestation anti-NSV, les étudiants du NSV (organisation étudiante proche Blok) ont eu de nouveau recours à la violence à l’université de Gand (RUG). Un commando d’une quinzaine de nazillons du NSV ont ainsi perturbé un meeting de gauche le 7 février à la RUG. Ils ont remis ça le 21 février en attaquant 3 membres du MAS qui collaient des affiches pour la manif.
La conquête de la rue par la violence et l’intimidation contre leurs adversaires est un élément essentiel de la tactique fasciste. Le Vlaams Blok mène une double stratégie: se présenter comme le seul parti d’opposition en cachant son vrai programme derrière des slogans popu-listes d’une part; tester la tactique fasciste classique de la violence de rue d’autre part. Nous devons contrer cette double stratégie. On ne peut stopper la violence fasciste qu’en mobilisant énergiquement et en répliquant à chaque attaque par une mobilisation de masse. Il s’agit à la fois d’ébranler l’assurance des fascistes et de dévoiler le vrai visage du Blok aux yeux de tous, y compris de ses électeurs dont la plupart désapprouvent cette violence.
Le désarroi des politiciens bourgeois
Faut-il ignorer le Blok ou «lui rentrer dedans»? Les politiciens bourgeois ont essayé vainement l’un et l’autre. Loin d’apporter une solution aux problèmes dont se nourrit le Vlaams Blok, ils mènent au contraire une politique de droite qui creuse le fossé entre riches et pauvres, avec son lot de chômage, de pauvreté, de criminalité,... Les responsables de cette politique n’ont aucune réponse face à la prétendue opposition du Blok.
L’exemple des Pays-Bas?
On présentait jadis les Pays-Bas comme un pays qui avait su briser l’essor de l’extrême-droite. Le succès annoncé de Pim Fortuyn et de son parti Leefbaar Ne-derland (Pays-Bas vivables) démontre qu’il n’en est rien. Bien que Fortuyn ne soit pas à proprement parler un fasciste, il n’en essaye pas moins de construire une base électorale large à coups de slogans populistes comme le Vlaams Blok. Filip Dewinter a d’ailleurs été le premier à féliciter Fortuyn pour ses sorties racistes. Le terreau qui a permis la percée du Vlaams Blok en Flandre existe donc aussi aux Pays-Bas.
Pour une opposition de gauche à la politique de droite
Il faut dépasser le stade des slogans vagues et moralisateurs qui ne convain-quent que les convaincus. Nous voulons construire une véritable opposition à la politique de droite. Le Blok a beau pré-tendre être le seul parti d’opposition, il ne fait rien d’autre qu’aboyer des slogans populistes sans mener la moindre campagne contre la politique actuelle. Nous voulons rassembler dans une lutte commune les Belges et les Immigrés des quartiers pauvres contre la politique antisociale qui détruit leur niveau de vie et que le Blok soutient.
Une mobilisation de masse contre la marche brune
Nous voulons empêcher le Vlaams Blok de reprendre pied à l’université de Gand en mobilisant massivement le 7 mars. Il va sans dire que les tentatives d’intimidation physique ne seront pas admises et que nous riposterons. Nous voulons en même temps engager la discussion avec un maximum d’antifascistes sur la lutte contre le fascisme et sur l’alternative au capitalisme, le socialisme.