Cela témoigne d’un cynisme certain que le Forum économique mondial ait justement publié un rapport sur l’environnement où la Belgique ne figure qu’à la 127ème place pour ce qui est de la qualité de l’environnement. Les résultats ont beau être basés sur les chiffres de 1994, il n’en reste pas moins que ce rapport tombe mal pour les Verts au gouvernement.
De même que la nouvelle crise des PCB, le rapport confirme l’impression que les Verts au gou-vernement n’ont pas fondamentalement rompu avec le passé. Il n’y a pas que la qualité de l’environnement qui y est comparée, mais aussi l’approche des problèmes. Et là aussi, la Belgique figure parmi les plus mauvais élèves de la classe. Nous sommes certes dans le top-20 en ce qui concerne le volume de la législation en matière d’environnement, ce qui est encore en dessous de la plupart des autres pays de l’Union européenne.
La ministre flamande de l’environnement Vera Dua (Agalev) invoque principalement la forte densité de la population. Mais ce n’est pas une excuse pour justifier la situation. Le rapport désigne la mauvaise volonté de l’industrie comme le principal obstacle à une amélioration.
Pour donner une idée des conséquences de la gestion qui favorise les profits de l'industrie: l'eau de l'embouchure de l'Escaut est une des plus polluées en Europe, la même embouchure de l'Escaut et la côte belge sont les eaux les plus polluées du monde par les hormones...
Entre-temps, Test-Achats a rendu public que la pollution de l’air et la présence de substances cancérigènes dans les villes atteignaient le double de ce qui était permis. Une enquête précédente démontrait déjà que le risque d’attraper un cancer des voies aériennes était de 10 à 50% plus élevé chez les citadins que chez les habitants de la campagne.
Les gaz d’échappement des moteurs jouent le rôle principal dans la diffusion des phoxides d’azote, de fines particules, de dioxides de souffre. Le résultat en est un empoisonnement chronique qui mène à des migraines, à de l’asthme, à des syncopes, à des irritations de la peau, à des troubles de la digestion, des nerfs et du foie jusqu’au déclenchement de cancers.
Dans le numéro précédent de ce journal, nous nous penchions sur la problématique de la mobilité et nous donnions une liste des mesures possibles pour améliorer la sécurité routière. La pollution de l’air est aussi un aspect de la sécurité routière. Un programme drastique d’amélioration des transports publics, le travail dans sa région et la fin de la flexibilisation du travail en étaient quelques unes. Des voitures écologiques roulant à l’eau ou même à l’énergie solaire sont possibles techniquement, mais l’industrie ne veut pas en entendre parler. Vera Dua ne voit de salut que dans une taxe sur l’énergie. Cette taxe rend plus cher l’usage de l’énergie et frappera donc proportionnellement davantage les bas revenus. Comme si chacun d’entre nous pouvait décider de laisser sa voiture au garage. La voiture devient le privilège de ceux qui peuvent se le permettre financièrement. Le MAS/LSP se pro-nonce pour une société écologique qui soit aussi sociale et une tel-le société ne peut être que socialiste. L’éco-libéralisme des Verts ne tient compte que du bien-être d’une élite. Nous continuerons à nous y opposer.