Antifascisme: Succès total de la manif contre le NSV

Après une campagne intensive, Actief Linkse Studenten, Résistance internationale et le MAS/LSP ont mobilisé plus d’un millier de personnes qui ont défilé à travers Gand. Nous protestions ainsi contre la manif annuelle du NSV. Le NSV est un cercle étudiant raciste et violent étroitement lié au Vlaams Blok. Nous ne voulions pas leur concéder la moindre marge de manoeuvre tout en faisant clairement apparaître que la grande masse des étudiants désapprouvaient ce racisme et cette violence. C’est pourquoi nous avons appelé à une manifestation dans le quartier étudiant afin de barrer la route au NSV.

La participation à la manif a rencontré un succès éclatant: la manifestation a démarré avec 800 jeunes et elle a suscité des applaudissements et des ralliements tout au long de son parcours dans le quartier étudiant. Les slogans contre le racisme et le fascisme ont retenti à travers Gand. Mais on y a aussi protesté contre la politique de droite. Nous voyons cette politique néolibérale comme la cause principale d’une kyrielle de problèmes dans la société. C’est sur cette base que l’extrême droite engrange des gains électoraux partout en Europe.

La manifestation a été vue comme une victoire. Les fascistes n’ont pu rassembler que 200 manifestants malgré la location de plusieurs bus. La manifestation est aussi une victoire pour Actief Linkse Studenten, l’organisation étudiante liée au MAS/LSP en Flandre. Ils avaient consacré énormément de temps à cette campagne. Ils n’ont malheureusement pas pu compter sur le soutien de STer (Étudiants contre le racisme), du POS et du PTB qui ne voyaient pas la nécessité d’organiser une manifestation commune contre le NSV. Le POS a finalement bien appelé à y participer, mais sans y être lui-même. Le PTB n’y a pas appelé, mais il y a envoyé une petite délégation. Les anarchistes, qui avaient bien mobilisé dans leurs cercles, ont aussi rejoint la manifestation. Ster a préféré rester avec les jeunes Agalev et les étudiants de la NV-A (ex-Volksunie) qui organisaient une activité concurrente - une "fête pour la tolérance" - bien loin du quartier étudiant.

Occupation du quartier étudiant

Lorsque nous sommes arrivés à la Overpoortstraat, la manifestation s’est arrêtée. Le but était d’occuper un carrefour central dans le quartier étudiant afin d’y limiter la liberté de mouvement du NSV. C’est qu’il y a eu jadis des agressions racistes et violentes contre des immigrés après une manif du NSV. Juste à côté de la foire à la place St-Pierre, nous pensions être suffisamment protégés contre les provocations policières. La police avait complètement fermé les accès à la foire avec un cor-don impressionnant de robo-cops masqués.

Nous avons fait halte à la foire et Koenraad Depauw (président d’ALS) en a expliqué la raison: stopper les fascistes avec une protestation de masse. Il a également appelé à ne pas répondre aux provocations de la police. Anja Deschoemacker (MAS/LSP) a ensuite pris la parole pour expliquer la nécessité de construire une forte opposition de gauche face à la montée de l’extrême droite. Et ce comme réponse au populisme que le Vlaams Blok utilise en Flandre. Elle a expliqué pourquoi ces partis ou groupes n’ont aucune réponse aux problèmes sociaux et que nous devons construire une alternative socialiste sur base de campagnes concrètes contre le chômage, la pauvreté, le manque de logements,...

Entre-temps, la police avait amené une autopompe et menaçait de charger le sit-in. Sous la menace, nous avons finalement dû stopper l’occupation et poursuivre la manifestation.

Cette manifestation doit nous permettre de gagner l’attention de la population gantoise et de lui signifier clairement que voter pour le Vlaams Blok ne résoudra aucun de ses problèmes. Des accrochages avec la police compliqueraient tout dialogue ultérieur avec la population.

Un groupe tout à l’arrière de la manifestation, principalement composé de jeunes anarchisants, cherchait néanmoins la confrontation avec la police. Nous avons essayé de les convaincre de la nécessité de poursuivre la manif, mais nous n’avons pas réussi à les convaincre tous.

Sévère répression policière

Lorsque la manifestation est repartie après la halte à la Overpoortstraat, la police s’en est violemment pris à ce petit groupe. Elle les chargeait et les re-poussait toujours plus loin dans notre direction jusqu’à la Place Wilson où la manifestation était en train de se dissoudre. Les forces de l’ordre nous ont lâchement attaqués vers 22h lors des discours de clôture. Le petit groupe de manifestants a soudain débouché sur la place avec les policiers sur les talons. La police s’en est alors pris brutalement à tous les manifestants sans distinction. Ils ont ainsi détruit sans aucune raison notre stand d’information. Des manifestants pacifiques ont reçu des coups de matraque, tout comme notre voiture-sono.

L’attaque de la police a semé la panique parmi les manifestants pacifiques qui se sont encourus dans tous les sens; les policiers les poursuivaient matraque à la main pour les arrêter. Il y a eu au total plus de cent arresta-tions.

Cette intervention de la police est une provocation. Il s’agissait clairement d’agents excités qui cognaient sur tout ce qui bouge. La responsabilité de cette attaque en incombe clairement au bourgmestre Beke qui est un partisan de la criminalisation à outrance. Quiconque ose critiquer sérieusement sa politique se voit aussitôt traité de hooligan.

Les responsables de la police sont venus présenter leurs excuses et ont reconnu qu’ils avaient commis une faute. Mais ils n’ont pas répété ces propos devant les médias qui n’ont évidemment pas manqué de titrer sur les pseudo "graves émeu-tes". On n’a pu lire nulle part que la police avait provoqué les incidents. Quelques anarchistes ont brisé une vitre. Nous déplorons un tel incident, mais d’un autre côté nous comprenons la colère des manifestants contre le NSV et le lâche comportement de la police.

Notre tâche consiste à convaincre tout un chacun qu’il vaut mieux canaliser cette colère en organisant les gens dans une opposition de gauche à la politique de droite. Si vous voulez combattre efficacement le Vlaams Blok, ne jetez pas de pierres mais soutenez plutôt le travail du MAS/LSP dans les quartiers populaires où le Vlaams Blok pêche nombre de ses électeurs. Si on organise une opposition de gauche dans ces quartiers autour de thèmes concrets, on obtient des résultats.

Koenraad Depauw
Président de Actief Linkse Studenten