La manifestation de Barcelone représente un immense pas en avant pour le mouvement antimondialiste. La présence dans les rues de la capitale catalane de centaines de milliers de manifestants montre que le mouvement de protestation est toujours en train de croître. La population locale a fait preuve d’un soutien écrasant. Nous avons pu joindre Bart Vandersteene par téléphone pendant la manifestation.
“C’est une manifestation de masse. Voilà qui montre le potentiel du mouvement d’opposition à la politique de droite et au capitalisme. Il y a en particulier peu de délégations politiques et peu de slogans sont lancés dans la manifestation. Les quelques interventions d’organisations politiques se limitent à des interventions en marge sans donner une idée de la façon dont le potentiel de ce mouvement peut être renforcé. Il y a beaucoup de petits groupes de jeunes ou de travailleurs qui ont créé spontanément leur animation avec des tambours, etc. A partir d’un tel potentiel contestataire il est possible de construire une opposition de masse à la politique de droite de Aznar. Mais il faut pour cela un prolongement politique. Un mouvement organisé serait beaucoup plus fort pour reprendre la tâche de construire un tel prolongement politique.”
La police a compté 250.000 manifestants. Les organisateurs en ont compté le double. Il est difficile de faire une estimation, mais il est clair qu’il y avait plus de monde qu’à Gênes l’été dernier. La répression policière à Barcelone a raté son objectif. Après l’Italie, l’Espagne s’est dressée contre la politique de droite.
Il y a malheureusement eu quelques incidents limités en fin de manifestation le 16 mars. Un petit groupe du Black Blok a détruit un certain nombre de vitrines: il a été sèchement contré par la police puis embarqué. Bien entendu les policiers n’ont pas fait dans le détail et s’en sont pris aussi à des manifestants pacifiques.
Nous avons l’impression que le gouvernement espagnol aurait voulu plus d’incidents afin de dénigrer le mouvement et le présenter comme marginal et violent. La manifestation de Barcelone a montré la faillite de la manoeuvre souhaitée par le pouvoir. Le mouvement de résistance n’a pu être stoppé.