Vers une recomposition politique à gauche?

Le deuxième fait majeur de cette élection est l’effondrement électoral probable du Parti communiste qui risque de faire un score inférieur à 5%. Le PC paie au prix fort sa participation au gouvernement de la Gauche plurielle en perdant des électeurs sur sa droite au profit du PS et sur sa gauche au profit de Lutte ouvrière.

C’est un tournant majeur dans l’histoire du mouvement ouvrier français. Pendant des décennies le PC a été le Parti hégémonique dans la classe ouvrière. En mai 68 il a rendu un service inestimable à la bourgeoisie en canalisant le mouvement de grève générale vers des élections législatives, contribuant ainsi à stopper la grève générale. Aujourd’hui encore c’est le parti ouvrier le plus enraciné dans les entreprises et dans les quartiers ouvriers. Mais un échec électoral cinglant de son candidat Robert Hue laissera des traces. La manière dont les différentes courants oppositionnels internes au PC se détermineront pèsera sur la perspective d’un nouveau parti des travailleurs.

A gauche du PC, il y aura trois candidats: Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), Olivier Besancenot (LCR) et Daniel Gluckstein (PT). On peut regretter qu’il n’y a pas de candidature unique à gauche du PC. Arlette Laguiller aurait sans doute été la candidate unique la plus crédible.

Mais dès le départ LO a imposé sa candidature sans vouloir discuter avec la LCR. Dans ces conditions, la LCR voulait avancer une candidature coûte que coûte. Le PT, dans tous les cas de figure, voulait se présenter seul.

Les sondages créditent Arlette Laguiller d’une fourchette entre 7 et 9%. C’est à voir. Le plus important ne sera pas le score électoral mais l’utilisation que ces candidats en feront: en deux mots, la capacité de proposer une perspective de mettre sur pied un large parti des travailleurs porteur des revendications venues des entreprises, des quartiers populaires et de la jeunesse. C'est dans ce projet que s'inscrivent nos camarades de la Gauche révolutionnaire.