La proposition de réglementer le droit de grève légalement, ne s’est finalement pas réalisée. La proposition a été rejetée après le «Niet» des syndicats et des patrons. Les patrons voulaient surtout le maintien de la situation actuelle car ils peuvent aller sans vergogne devant les tribunaux pour imposer des astreintes aux piquets de grève. Ils redoutaient que la compétence des tribunaux de travail, qui pouvaient vérifier si les procédures de concertation sont suivies ou pas, ralentissent la possibilité d’intervention des tribunaux. Aujourd’hui, en quelques heures, ils peuvent introduire une requête unilatérale et obtenir un verdict qui impose des astreintes.
Au début les syndicats n’ont pas beaucoup protesté, même s’il devenait de plus en plus clair que la base n’était pas d’accord avec ces propositions. Historiquement, le mouvement ouvrier a imposé le droit de grève sur base de luttes et de la construction d’un rapport de forces.
Ce n’est pas une coïncidence que le droit de grève a été imposé par une loi qui introduisait la liberté syndicale en 1921. Sous la pression des mouvements de lutte après la Première Guerre mondiale et la révolution d’Octobre en Russie, le gouvernement et le patronat ont été contraints de faire des concessions. Il était important que le mouve-ment ouvrier refuse l’immixtion du gouvernement, des patrons ou des tribunaux en cette matière. C’est pour cela qu’il n’existe pas de procédure légale pour exercer le droit de grève.
Aujourd’hui, avec les assauts répétés con-tre les conquêtes du mouvement ouvrier, les astreintes et les requêtes unilatérales sont devenues monnaie courante. C’est allé si loin que récemment la grève à la Sabena a même été interdite! Chez Opel Anvers un militant a été condamné par le tribunal parce qu’il avait mené une action sans le soutien complet des syndicats et qu’il avait donc "abusé" du droit de grève!
Ces offensives contre le droit de grève doivent trouver une réponse dans le mouvement ouvrier. Le succès de la pétition contre les astreintes montre qu’il y a une volonté d’aller plus loin sur ce point. On a besoin d’un plan d’action sur le plan national comme réaction contre les astreintes.
La direction syndicale a signé un accord de principe avec le patronat qui prévoit que les syndicats renoncent aux grèves "sauvages". En échange le patronat recommandera à ses membres de ne pas utiliser trop rapidement l’arme des astreintes.
C’est un accord bidon: il n’y a pas d’interdiction des astreintes qui ont force de loi. Et les syndicats font des concessions sur les grèves spontanées qui seront moins facilement reconnues. Dans un atelier protégé à Puurs il y a déjà eu immédiatement après cet accord un cas d’astreintes contre une grève. C’est comme ça que le patronat tient ses engagements.
Heureusement l’accord a été rejeté par la CSC. Il faut utiliser cela pour lancer une mobilisation capable d’arrêter les atteintes au droit de grève.