Le lundi 18 mars, la chambre du conseil de Bruxelles devait se prononcer sur le renvoi en correctionnelle des trois gendarmes présents lors de la mort de Semira Adamu.
Le 22 septembre 1998, ils avaient provoqué la mort de cette demandeuse d’asile nigériane en l’étouffant sous un coussin. La Ligue des droits de l’homme exige également le renvoi de quatre autres gendarmes, trois officiers et l’agent qui a filmé la scène du meurtre. La chambre rendra son ordonnance le 26 mars.
Le collectif contre les expulsions organisait une manifestation à l’entrée du palais de justice. Une centaine de gens ont dénoncé la politique inhumaine d’expulsions menée par le gouvernement. Lorsque certains d’entre eux ont voulu distribuer des coussins aux gendarmes inculpés, leurs collègues de faction les ont reçus à coups de matraques.
Cette politique inhumaine a encore fait une victime: Bekim Tatchi, jeune réfugié Kosovar, est décédé le 23 mars dans des circonstances suspectes au centre 127 bis. Il semble que les calmants qu’on lui a administrés en prévision de son expulsion imminente aient provoqué sa mort. Une manifestation a eu lieu devant le centre 127 bis pour dénoncer ce nouveau meurtre.
Si le parquet est très complaisant envers les gendarmes responsables de brutalités contre les réfugiés, il se mon-tre en revanche bien plus sévère envers les défenseurs de ces réfugiés. Le 19 mars, 18 membres du collectif contre les expulsions ont dù comparaître devant le tribunal pour les actions qu’ils ont menées devant le centre 127 bis suite à la mort de Semira. La chambre du conseil a décidé de reporter l’audience au 28 mai.