La discussion sur le droit de vote des immigrés s’est terminée par un rejet de la proposition par la commission sénatoriale. Agalev est heureux qu’un vote sur le droit de vote des immigrés ait eu lieu. C’est un grand acquis selon eux. Excusez leur cynisme, mais de tels "acquis" ne font pas avancer les choses.
Les immigrés subissent la discrimination. Celle-ci commence dans les écoles et se poursuit sur le marché du travail et du logement. L’absence de droits politiques n’est que l’iceberg de cette discrimination. "S’ils devenaient belges", dit le VLD, "ils pourraient voter". Mais la discrimination serait-elle terminée pour autant? La discrimination à l’égard des femmes a-t-elle cessé lors-qu’elles ont eu le droit de vote?
Quand une partie de la population veut convaincre la majorité de la nécessité d’accorder le droit de vote aux immigrés, elle doit oser dire les choses comme elles sont. La façon dont le débat est mené aujourd’hui accentue constamment les différences qu’il y a entre la population belge et la population immigrée. Un parti qui veut lutter contre la discrimination doit justement montrer quels sont les points communs entre la majorité des immigrés et la majorité de la population belge: ils sont salariés - ou allocataires par manque d’emploi - ils sont tous exploités par les riches de ce pays.
Aujourd’hui les gens sentent toujours plus clairement que leur niveau de vie s’est dégradé. Le gouvernement et les patrons se préparent à limiter à nouveau les augmentations de salaires. En même temps les impôts continuent de baisser pour les riches, les entreprises bénéficient de diminutions de charges sociales et de baisse d’impôts. Comme les services fiscaux manquent de personnel, un réel contrôle sur la fraude fiscale est impossible.
Notre argent part en fumée. Mais il ne disparaît pas dans les poches des immigrés et des demandeurs d’asile, comme veut nous le faire croire une certaine presse et les déclarations ambiguës de certains politiciens.
La part des revenus du travail et des allocations baisse continuellement par rapport aux revenus de la fortune, en d’autres mots les riches deviennent plus riches parce que les pauvres - belges et immigrées - doivent leur céder une part toujours plus grande de leur revenus.
Si nous voulons à l’avenir mettre fin à l’appauvrissement et à l’insécurité de larges couches de la population, tous les travailleurs et leur famille doivent s’unir dans la lutte, non seulement pour partager une plus grande partie du gâteau mais pour prendre le contrôle de la boulangerie et y cuire du pain pour tout le monde.
Il n’est pas toujours clair pour la majorité de la population que l’oppression des femmes et leurs bas salaires pèsent de façon négative sur tous les salaires. C’est vrai aussi pour les immigrés. Tant que la classe ouvrière se laissera diviser par le racisme, le sexisme ou d’autres préjugés, les patrons pourront accroître leur magot. Les patrons prospèrent sur la division de la classe ouvrière.
Aucun des partis établis ne défendra ce point de vue car ils se rangent derrière le système capitaliste. Un parti capable de délivrer la majorité de la classe ouvrière des préjugés racistes sera nécessairement un parti anticapitaliste. Le MAS/LSP construit un tel parti. Rejoignez-nous.