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Près de deux mille personnes s’étaient retrouvées au Palais de Justice de Bruxelles le mercredi 22 mai pour soutenir les ouvriers de Clabecq à l’occasion du prononcé du jugement. En plus des centaines de camarades venus quasiment à la soixantaine de séances de ce procès marathon qui dure depuis novembre 1998, il y avait de très nombreux délégués syndicaux, des jeunes, des artistes. Au terme de deux heures de lecture du jugement neuf prévenus dont Silvio Marra, Fernand Fyon et Giovanni Capelli, délégués FGTB, sont acquittés sur toute la ligne.
Quatre prévenus sont condamnés pour des faits mineurs, mais bénéficient de la suspension du prononcé du jugement: c’est-à-dire qu’ils n’auront pas de casier judiciaire. Il s’agit de Michel Orlando (CSC), de Mouloud Benattou (FGTB) et d’André Fontaine, FGTB et ancien ouvrier de Renault Vilvorde. Ils sont reconnus coupables de rébellion simple pour la manifestation du 28 mars 1997 sur la bretelle d’autoroute. Le quatrième est Roberto D’Orazio: le tribunal le considère comme responsable d’outrage à policier, de menaces verbales sur le curateur Zenner et de menaces sur un automobiliste à Bruxelles. Il bénéficie aussi de la suspension du prononcé. Rappelons que 43 préventions étaient retenues contre lui! La défense des quatre prévenus réfute toujours ces accusations.
Jean-Pierre Collin, président de la cour d’appel, a souligné que les faits se sont déroulés dans le cadre d’un conflit social, que la gendarmerie étaient intervenue de manière unilatérale et que le procureur de Nivelles avait préféré une citation directe plutôt que de désigner un juge d’instruction. Le tribunal n’a pas retenu l’application du paragraphe 4 de l’article 6 du code pénal, même si bien entendu ce texte n’est pas abrogé. Ce jugement est une victoire retentissante non seulement pour les 13 de Clabecq, mais pour tout le mouvement ouvrier. C’est le fruit de la mobilisation inlassable de milliers de sympathisants venus de nombreuses fois au palais de justice. Il faut rendre hommage au travail du collectif d’avocats qui ont oeuvré inlassablement dans ce procès historique.
A la veille de faire ses valises, Michel Nollet parvient encore à faire parler de lui. Commentant le jugement, il se per-met de déclarer au journal Le Soir (23/5) à propos de l’avenir des délégués de Clabecq: *Qu’ils se fassent oublier. Qu’ils cherchent du travail. Ou que le PTB leur en offre.+ C’est à de tels propos que l’on mesure le niveau d’un minable bureau-crate. Tout d’abord les camarades de Clabecq n’ont pas l’intention de se faire oublier après une telle victoire acquise sans le soutien de l’appareil syndical. La lutte pour la réintégration dans la FGTB ne fait que commencer.
Enfin, quels que soient les désaccords fondamentaux que nous ayons avec le PTB, les militants ou les sympathisants de ce parti sont des gens qui agissent par conviction, pas "pour avoir une place". On ne peut pas en dire autant de beaucoup qui sont au PS, le parti de Michel Nollet.
Francine Dekoninck