La première décennie de ce nouveau siècle va entrer dans l’histoire comme celle durant laquelle la classe ouvrière et la jeunesse se libèrent des chaînes de l’idéologie bourgeoise qui les dominait après la chute du stalinisme. Le capitalisme était, selon les commentateurs bourgeois du début des années 90, le seul système qui fonctionnait et qui était préférable aux Etats totalitaires staliniens. Aujourd’hui il est plus clair que jamais que le capitalisme ne marche pas (du moins pour la majorité de la population mondiale qui en est seulement la victime). De même, la crise et la misère s’accroissent pour des couches toujours plus larges de la population alors qu’une minorité continue de s’enrichir et que la démocratie est une phrase vide des dirigeants capitalistes comme Bush. L’efficacité de l’économie capitaliste est remise en cause par certains économistes qui expliquent aujourd’hui que pour comprendre la crise mondiale qui s’accentue on doit se référer au livre de Karl Marx, Le Capital.
La résistance au capitalisme et à ses effets pour la grande majorité de la population croît de jour en jour. Les exemples sont légions : en Argentine, les masses furieuses ont destitué président après président; au Vénézuela les masses ont em-pêché la tentative d’un coup d’Etat de la bourgeoisie vénézuélienne (avec le soutien des Etats-Unis) contre le dirigeant populiste Chavez; au Pérou, les masses ont empêché le gouver-nement de privatiser des entreprises d’énergie.
En Europe même, la résistance de la classe ouvrière espagnole et italienne a empêché les tentatives de leur bourgeoisie respective de brider sérieusement les droits des travailleurs. Et la colère gronde un peu partout.
La résistance contre le capitalisme prend aussi des formes désespérées et déformées, par exemple la popularité croissante du fondamentalisme islami-que et des courants populistes de droite. Presque partout dans le monde on vote aujourd’hui contre les partis au gouvernement (de cette façon la social-démocratie a presque disparu des gouvernements en Europe) et beaucoup de gouvernements non-élus sont fragilisés (par exemple l’Arabie Saoudite, le Pakistan,...).
Le manque d’une alternative clairement de gauche à la misère que le capitalisme a créée pour la majorité des gens fait que des forces qui ne défendent pas les intérêts de la majorité de la population mais qui se tournent contre l’establishment (comme les partis d’extrême droite en Europe) peuvent gagner des voix qui en d’autres cir-constances peuvent être gagnées pour le socialisme.