Depuis un an et demi, toujours plus de jeunes et de travailleurs sont descendus dans la rue afin de crier leur mécontentement et leur rage. Dans ce mouvement qui devient de plus en plus un mouvement de masse, des nouvelles idées voient le jour et la perspective socialiste montre son actualité.
Les idéologues bourgeois bien-pensants continuent de dire qu’il faut que la gauche et le mouvement antimondialiste évoluent et arrêtent de s’agripper à leurs vieilles idées et méthodes, comme lutter contre les licenciements.
Ils préfèrent que le mouvement antimondialisation continue de répéter des phrases vides comme “un autre monde est possible” (sans dire comment et quel monde), de se perdre dans des discussions stériles avec des politiciens néo-libéraux qui se déclarent eux-mêmes être pour une “autre mondialisation” plus raisonnée, et de travailler comme des lobbies afin de n’obtenir que les miettes du gâteau. Une grande partie des soi-disant dirigeants du mouvement antimondialisation pensent aussi ainsi.
Mais la réalité du mouvement est différente : la classe ouvrière marque de plus en plus le mouvement antimondialisation lui donnant de plus en plus un caractère de masse. C’est ce qui fait la différence entre les protestations à Göteborg et Bruxelles d’un côté et les actions massives de Gênes en 2001 et Barcelone/Séville cette année.
Dans le même temps les travailleurs péruviens luttaient d’une façon “ démodée ” contre les privatisations.
Si on veut comprendre le système - ce qui est nécessaire afin de le combattre - nous devons démasquer les bavardages creux de ceux qui prétendent nous représenter dans nos
luttes contre la mondialisation et le capitalisme, comme Suzanne George. Nous devons analyser le monde, voir les problèmes et leurs causes et voir comment on peut résoudre cela. Nous voulons faire cela dans ce dossier spécial d’été.
Pour cela nous parcourons la situation de l’impérialisme des USA, la puissance mondiale qui domine l’économie et la géopo-litique, et nous analysons comment le système mène toujours à la guerre.
Nous voulons montrer que la guérilla et le terrorisme sont des tactiques erronées (parce que non-efficaces) pour l’émancipation des travailleurs et des clas-ses opprimées.
Nous analysons les raisons pour lesquelles l’extrême droite peut croître et pourquoi nous avons besoin dans la lutte contre elle d’un instrument qui don-ne aux ouvriers et aux jeunes la possibilité de discuter des stratégies et d’organiser la ré-sistance d’une façon collective: un nouveau parti des travailleurs.
Enfin nous donnons une vision brève de notre idée du socialisme. Nous ne voulons pas retourner vers les régimes bureaucratiques du Bloc de l’Est et de l’ex-URSS, dans lesquels l’économie planifiée s’enlisait par manque de démocratie ouv-rière. Nous voulons au contraire un système dans lequel l’implication de la majorité de la population est totale et à tous les niveaux.
Nous espérons que vous allez lire ce dossier attentivement et que vous allez en tirer les mêmes conclusions que nous : il est nécessaire de s’organiser, de se préparer à une période agitée de protestations de masse et aux réactions de la bourgeoisie qui s’y prépare aussi. On ne doit pas regarder ces mouvements et les commenter de l’extérieur, on doit être dans le mouvement si l’on veut
faire partie de la solution. Le mouvement n’a jamais eu besoin des commentateurs extérieurs, mais de militants qui sont prêts à lutter dans le mouvement et à s’investir dans les expériences des masses qui peuvent en tirer des conclusions socialistes. Si vous voulez en plus aider à accélérer ce processus, il faut rejoindre le Mouvement pour une Alternative Socialiste, membre du Comité pour une Internationale Ouvrière.
Les années 90 étaient caractérisées par des luttes plutôt locales ou de campagnes sur un thème comme l’environnement, le racisme. Le mouvement antimondialisation a réuni tous ces thèmes dans une critique globale de la société capitaliste.
Les jeunes surtout étaient attirés par le mouvement à ses débuts. Ce n’est pas étonnant : les jeunes sont un baromètre pour ce qui vit dans la société. Ils ont moins de réticences à exprimer leur mécontentement et forment de cette façon une avant-garde naturelle de la classe ouvrière. On a vu ce processus dans toutes les grandes révoltes de la classe ouvrière: en mai 68, la lutte des travailleurs était précédée par des manifestations et des grèves des étudiants; l’âge moyen au sein du parti Bolché-vique avant la révolution de 1917 était de 16 ans.
En Italie, en Espagne, en Argentine, au Pérou le mouvement a déjà atteint un niveau supérieur: la classe ouvrière descend dans la rue en masse avec une image claire de ce à quoi elle s’oppose. Le pas suivant est l’élaboration d’un programme. Le mouvement doit s’armer d’une alternative sérieuse, qui ne sera offerte par les dirigeant plutôt petits-bourgeois du mouvement antimondialisation, ni par les vieux partis ouvriers bourgeoisifiés, ni par la direction actuelle des syndicats qui s’est fait une place dans l’appareil d’Etat.
L’élaboration d’un programme qui défende objectivement les intérêts de la classe ouvrière et des autres couches opprimées dans la société va s’effectuer graduellement dans la lutte même, dans laquelle la classe ouvrière peut tirer des leçons des victoires temporaires com-me des défaites temporaires.
Ce processus peut être accéléré énormement par une com-préhension des expériences déjà accumulées dans le passé de la classe ouvriére. Le MAS/LSP veut répandre dans la jeu-nesse et la classe ouvrière ces expériences et ces leçons accu-mulées – théorisées dans le marxisme. Organisez-vous, formez-vous, rejoignez le MAS/LSP.
par Anja Deschoemacker, MAS/LSP