FGTB:

NON au coup de force antidémocratique!

A peine "élue" à la direction de la FGTB, (elle était seule candidate et Michel Nollet l’avait "désignée" depuis plusieurs mois) Mia De Vits s’est empressée de mettre en pratique les menaces proférées à l’égard de la gauche syndicale à la tribune du congrès. Beaucoup de militants savent que la période des vacances est propice aux mauvais coups patronaux: Michelin a fermé ses portes en plein été, la faillite des Forges de Clabecq a été annoncée juste avant la Noël. Prenant exemple sur les patrons, l’appareil national de la FGTB et du SETCa ont invoqué une prétendue mauvaise gestion pour fomenté un putsch début juillet en mettant sous tutelle le SETCa de Bruxelles Hal Vilvorde (BHV) et en licenciant son secrétaire général Albert Faust (qui est aussi président de la FGTB de Bruxelles), le comptable et le directeur administratif. Pour faire leur coup, Mia De Vits et Christian Roland (chef national du SETCa) avaient besoin de la collaboration de permanents du SETCa de Bruxelles.

par Francine Dekoninck

La première question que tout militant syndical sensé se pose face à une telle situation est la suivante: "S’il y a réellement mauvaise gestion, pourquoi ne pas réunir le Comité exécutif du SETCa BHV pour examiner la situation à fond et convoquer un congrès démocratique pour solutionner les problèmes"?

Quand l’appareil syndical veut se débarrasser d’un gêneur il essaie d’abord de l’acheter et si cela ne marche pas on le vire en le salissant. Comme Albert Faust refusait de se laisser acheter, l’appareil syndical a porté plainte contre lui sur le plan pénal pour "détournement de fonds", l’a licencié pour "faute grave" (donc sans préavis ni droit aux indemnités de chômage) et a ameuté la presse en répandant des rumeurs de corruption et de malversations financières.

On sait les dégâts que de tels ragots peuvent occasionner. En mars 1997, Roberto D’Orazio n’était pas présent quand Zenner s’est fait boxer par des travailleurs en colère, mais les médias ont tellement martelé que c’était lui qu’aujourd’hui beaucoup de gens croient sincèrement que Roberto a frappé Zenner.

Tout accusé est présumé innocent jusqu’à son jugement, mais pour beaucoup de gens Faust est déjà coupable. La campagne de diffamation lancée par l’appareil ne peut profiter qu’à la droite et à l’extrême droite car elle jette le discrédit sur toute l’organisation syndicale et sur ses militants. Mais il y a plus. A la suite de la plainte déposée par la direction nationale, la police a perquisitionné au SETCa BHV et a emporté les fichiers. Le juge d’instruction chargé du dossier va sans doute enquêter - et peut-être perquisitionner – un peu partout dans la FGTB!

Aujourd’hui un militant syndical a moins de droit pour se défendre dans sa propre organisation que devant un tribunal bourgeois: D’Orazio, Marra, Guy Lemaire, Stan Van Hulle ont été exclus de la FGTB sans pouvoir se défendre devant les instances.

Avec l’appui d’une trentaine de délégués du SETCa, Faust a fait appel aux tribunaux pour enrayer le putsch. Un administrateur judiciaire provisoire a notamment été désigné. C’est la logique infernale de l’engrenage enclenché par l’appareil. Le 23 août l’avocat de la FGTB a même écrit à Verhofstadt et aux plus hautes autorités judiciaires du pays pour demander leur appui contre Faust!

Ce putsch est la première bataille d’une guerre que l’appareil national de la FGTB vient d’ouvrit contre la gauche syndicale. C’est une guerre totalement inégale car l’appareil a beaucoup d’atouts en mains: il manipule les membres en convoquant ou en annulant les réunions comme bon lui semble, il a l’oreille des médias, des patrons, du sommet de la magistrature et du gouvernement. C’est pourquoi il faut l’unité de la gauche syndicale pour imposer que la base, convoquée démocratiquement, puisse décider non seulement sur Faust et le SETCa BHV mais aussi sur le type de syndicalisme à mener car l’appareil voudrait bien mener les prochaines négociations interprofessionnelles à l’abri des yeux et des oreilles de la base.