Réfugiés: L’enfermement ne résout rien!

Les médias ont rapporté en août un incident qui a fait grand bruit: un homme souffrant de la tuberculose s’est sauvé d’un hôpital et a disparu pendant 10 jours. Il s’agissait d’un réfugié géorgien «illégal» qui avait été arrêté deux mois plus tôt et enfermé dans le centre fermé de Bruges. C’est là qu’on a constaté la tuberculose, une maladie infectieuse. L’Office des Etrangers n’a pas suspendu l’ordre de “quitter le territoire d”ici cinq jours’. Le personnel du centre lui a trouvé un hôpital. Il s’en est sauvé de peur d’être expulsé après le traitement. Dix jours plus tard, il se présentait volontairement auprès d’un hôpital bruxellois.

Cet incident a provoqué de nombreuses réactions qui ont notamment dé-bouché sur l’interdiction d’expulser les étrangers souffrant d’une maladie infectieuse au cours du traitement. C’est à dire: incarcération dans un centre fermé tant que le traitement est en cours. Les médias ont attribué cet incident à une lacune dans la législation, alors qu’il ne fait que révéler un problème beaucoup plus vaste.

L’Europe traite les flux migratoires avec des lois d’asile très sévères et n’accorde qu’une aide minimale aux nouveaux arrivants. La régularisation étant quasiment inaccessible, beau-coup de réfugiés ne se présentent plus à l’Office des Etrangers et optent d’em-blée pour l’illégalité.

Ils vivent dans la précarité, sont victimes des proprios, de la prostitution, travaillent au noir pour un salaire de misère, etc. Mais la situation dans leur pays natal est souvent pire encore. Il est exclu de rentrer vu qu’ils ont tout abandonné en fuyant leur pays.

La tuberculose est une maladie de pauvres. Dès lors que le sytème immunitaire est affaibli du fait d’une mauvaise alimentation et de conditions d’existence malsaines, on s’expose davantage à une contamination.

Dans presque tous les pays sous développés, la tuberculose est encore une des causes principales de décès. Pourtant, les multinationales continuent à accumuler les profits, les stocks de nourriture sont excédentaires et les dépenses militaires des superpuissances suffiraient à pourvoir aux besoins de la population mondiale en équipements sanitaires, en santé publique et en enseignement.

Seule une protestation massive et unifiée des travailleurs, des jeunes et des immigrés contre la guerre et l’exploitation pourra imposer une solution durable. Les multinationales n’ont qu’à supporter les coûts de l’accueil des immigrés tant que leurs pays d’origine ne connaîtront pas des conditions de vie dignes d’un être humain.

Battons-nous pour un système démocratique qui produise pour les besoins de tous! Battons-nous pour un monde socialiste!

par Simon Van Haeren