| Déchets: |
Dix ans après les grands projets de gestion des déchets, ceux-ci constituent toujours un problème pour l’environnement. La facture payée par la population n’a cependant pas cessé d’augmenter. Taxe sur les eaux usées, taxe sur les déchets ménagers, cotisations de recyclage,... Le nombre de taxations se multiplie. On n’a pas en retour de meilleurs "services". Au contraire, le système des sacs poubelles s’est étendu.
par Bart Vandersteene
Entre-temps il semble que l’on se soucie un peu plus de l’état de l’environnement. Un rapport de l’Institut national de Statistiques semble indiquer que la population de Flandre est plus attentive qu’avant à cette problématique. Elle est considérée comme étant en troisième position parmi les problèmes les plus importants à résoudre en 2000. En 1996 ce problème ne venait qu’en 5e position. Mais même en 1996 l’industrie était perçue comme le plus grand pollueur de terrains, de cours d’eau et de l’air.
En 2000 44,5% des personnes interrogées trouvaient que l’industrie était la mieux placée pour protéger l’environnement. La disponibilité à se mobiliser est également en hausse: 57% se déclarent prêts à "participer à une réunion pour protester contre une pollution industrielle dans leur quartier."
De nouveaux problèmes ont cependant surgi. Ainsi les incinérateurs de la firme Indaver rejettent un taux de dioxine 280 fois plus élevé que la norme, avec toutes les conséquences pour la population. La collecte sélective n’empêche pas qu’à un certain moment les déchets doivent être traités. La solution est évidemment de prendre le problème à la source. Il devrait par exemple être formellement interdit de produire des emballages inutiles.
Vera Dua, ministre flamande de l’Environnement, a au cours de l’été rendu public un nouveau plan de traitement des déchets. Elle voudrait pousser plus loin le tri des déchets. Le poids des déchets restants devrait passer de 191 à 150 kg par famille d’ici 2007. Son objectif est que 40% de la population fasse du compost chez soi de manière à réduire les déchets de fruits et de légumes. Personnellement je veux bien composter si on me donne la maison et le jardin de Vera Dua. Dans un petit appartement ou une maisonnette, c’est nettement moins évident.
Elle en a profité pour lancer une autre proposition: fixer partout en Flandre le prix du sac poubelle à 1,5 euro. Il n’y a pas de petits profits. Une fois de plus les Verts veulent faire payer la population pour les déchets générés par les industries qui peuvent continuer à faire du profit en polluant impunément.
Steve Stevaert, le bourgmestre SP.A de Hasselt, s’est déclaré radicalement opposé à cette mesure et a proposé de fournir gratuitement un nombre réduit de sacs poubelles aux familles les plus pauvres. Ce qui est finalement une petite concession pour faire avaler la pilule amère de la hausse de prix. C’est aussi en écho à la campagne que nous avons menée à Gand où les autorités commu-nales mises sous pression, ont dû accorder une indemnité de sacs poubelles aux familles les plus pauvres.
A Gand, quand le prix du sac est passé à 50F, et que nous menions campagne contre cette mesure asociale, l’échevin SP.A Termont nous disait que cette mesure n’était qu’un début car en fin de compte la population devrait prendre en charge la totalité du coût de la collecte et du traitement des déchets. Ce qui signifierait à Gand 5 euros par sac!
La collecte des déchets est un des services qui ont été privatisés petit à petit au cours des dernières années. Avec toutes les conséquences pour le personnel (ex: hausse des cadences). Le prix du service a doublé: taxes communales d’une part, paiement du "service" fourni par le privé d’autre part.
Ne nous résignons pas à subir de telles injustices et préparons activement la résistance et la lutte pour des services publics gratuits au service de toute la population. Non seulement à Gand mais aussi dans les autres parties du pays. Le MAS-LSP a accumulé sur ce terrain une riche expérience. Il faut la faire fructifier.