Arc-en-ciel: l'hypocrisie sans bornes!

Lors de la formation de la coalition arc-en-ciel (après que la crise de la dioxine ait torpillé le CVP, devenu CD&V) la population avait de grandes espérances tout en se demandant combien de temps cette coalition tiendrait le coup. Les programmes divergeaient tellement qu’ils semblaient devoir mener à l’instabilité et à une éventuelle chute prématurée du gouvernement. Certains prétendaient que ce gouvernement était «le plus à gauche» de tous ses prédécesseurs.

Une évaluation nous montre malheu-reusement l’inverse. Nous savions déjà que les «socialistes» étaient les meilleurs gestionnaires de la politique capitaliste et qu’ils offriraient peu de résistance à la politique néolibérale anti-sociale.

Pour les Verts c’était l’expectative: on présageait qu’ils pèseraient peu dans la coalition. La population espérait avant tout une «autre» politique, une politique dans l’intérêt de tous.

L’arc-en-ciel devait réduire fortement le chômage. La conjoncture économique favorable joua en sa faveur et le chômage décrût. Les emplois stables ont fait place aux jobs flexibles et mal payés. Des emplois qui ont fondu comme neige au soleil avec la crise économique mondiale. Cela a été particulièrement mal ressenti en Flandre.

Sur le plan alimentaire on pensait aussi qu’avec les Verts cela irait autrement. Dans l’industrie alimentaire tout est lié à l’argent. On peut instaurer des règles, mettre sur pied des inspections - qui servent principalement à faire écran aux problèmes les plus graves - et essayer de maintenir le tout dans des normes strictes, mais fondamentalement rien n’a changé. Les intérêts de l’industrie ont continué à primer tout autre considération. La crise des PCB du début de cette année en a témoigné. Cette crise avait déjà fait choir brutalement Magda Aelvoet de son piédestal.

En matière de mobilité cela irait mieux avec une ministre à nous - Durant d’Ecolo - promettaient les Verts. Mais les bouchons sur les routes et les transports publics coûteux continuent d’empoisonner notre quotidien.

Et on n’a pas encore évoqué les immenses problèmes sociaux qui se sont aggravés sous le gouvernement arc-en-ciel: les listes d’attentes dans les crèches, les soins aux personnes âgées, les soins aux handicapés, le manque de moyens pour l’enseignement,...

On n’a fait que du raccommodage et il faut craindre à La Poste et à la SNCB un bain de sang social comme à la Sabena!

L’arc-en-ciel a continué à faire des ca-deaux au patronat sans exiger la moindre contre-partie. Les riches sont deve-nus plus riches et les pauvres plus pauvres - c’est là l’essentiel.

L’approbation de la livraison d’armes au Népal, au Pakistan et à l’Inde couronne le tout. La démission de Magda Aelvoet n’empêchera pas la livraison des armes, elle sert à donner le change. Elle montre surtout l’hypocrisie de cette prétendue «bonne» politique. C’est un rideau de fumée pour apaiser l’opinion publique, mais entre-temps «les affaires continuent»: que ce soit en matière de privatisation des services publics, de sécurité sociale, ou... de livraison d’armes à des régimes réactionnaires comme celui du Népal.

La recette est toujours la même: on dissimule sous de belles paroles et même sous des prétentions “sociales” une politique de démantèlement des acquis qui reprend deux fois d’une main ce que l’autre a chichement donné.

On allait soi-disant augmenter le salaire moyen des fonctionnaires flamands, mais cela s’accompagne d’une politique qui lie les salaires aux prestations (qui a pour but de briser la solidarité entre travailleurs, ce qui mènera à terme à des baisses de salaire), détricote les statuts et introduit des emplois temporaires et plus précaires.

La seule chose qui permet encore à la coalition arc-en-ciel de rester debout est l’absence d’une opposition de masse organisée. Dans ces conditions il faudra continuer à subir et à suivre. Une seule conclusion s’impose aux travailleurs et à leurs familles: si nous voulons être entendus et voir nos exigences traduites dans une tout autre politique, la construction d’un nouveau parti des travailleurs est la seule voie possible.

Els Deschoemacker