Non à la guerre contre l'Irak!

Le président américain, Bush, échafaude un plan de guerre contre l’Irak. Seul problème: en dehors de son propre gouvernement, il ne réussit guerre à convaincre personne de la validité de son projet. En cas d’intervention unilatérale des Etats-Unis, les conséquences seront incalculables.


Pourquoi Bush veut-il une guerre contre l’Irak?

Depuis le onze septembre, la politique extérieure des Etats-Unis est placée sous le signe de “la guerre contre le terrorisme”. Bush est arrivé au pouvoir au cours d’une élection fort contestée. Pour les classes pauvres Bush incarnait le politicien au service des patrons et des nantis. Mais à la suite des attentats du 11 septembre, sa popularité a explosé. Il a en effet mit à profit le choc et de la peur de la population pour rétablir le prestige de la classe dirigeante américaine.

En un temps relativement court, Bush a remporté une victoire sur les Talibans, ce régime fondamentaliste islamiste qui hébergeait les principaux suspects du 11 septembre: Oussama Ben Laden et son réseau terroriste Al-Qaeda.

Aux quatre coins du monde, les Etats-Unis ont profité de l’occasion pour inféoder les gouvernements en envoyant des «conseillers militaires» sur place.

Bush et son administration veulent maintenant profiter de la victoire éclair sur les Talibans et de sa popularité auprès du peuple américain pour solder de vieux comptes avec le dictateur irakien Saddam Hussein. Bush voudrait profiter de l’occasion pour éliminer un facteur d’instabilité dans une région économiquement vitale (63% du pétrole mondial vient du Proche-Orient). Bush souhaiterait remplacer Saddam Hussein par un leader beaucoup plus lié au capitalisme américain.

Le prétexte invoqué pour un «changement de régime» en Irak est une prétendue possession (ou fabrication) d’armes biologiques, chimiques ou nucléaires en rapport avec le terrorisme international.

Saddam Hussein possède-t-il des armes nucléaires?

Non, selon l’inspecteur onusien Hans Blixen. Même les généraux américains affirment que Saddam Hussein est incapable de menacer les Etats-Unis directement. Le gouvernement de Bush fait tout pour «trouver» une liaison entre l’Irak et Al-Qaeda: «des» membres du réseau terroriste y auraient trouvé refuge après la guerre en Afghanistan. Cela ressemble plutôt à un montage fabriqué de toutes pièces pour justifier une prochaine agression contre l’Irak.

Quelles seraient les conséquences

Des milliers de civils irakiens innocents, qui souffrent déjà terriblement de l’embargo imposé par les grandes puissances contre leur pays, vont mourir sous les bombes.

La population arabe dans tout le Proche-Orient se soulèvera, et sur ce point Bush sous-estime la portée de ces mouvements de masse. Les Américains couvrent l’assassin Sharon mais agressent le dictateur Saddam Hussein.

En Arabie saoudite, fournisseur du quart de la production mondiale de pétrole , des fondamentalistes islamistes pourraient ériger un régime hostile aux Etats-Unis.

Une hausse du prix du baril de pétrole aggraverait la crise économique mondiale, surtout si la guerre ne mène pas à une victoire rapide des Etats-Unis.

C’est d’ailleurs le scénario le plus probable. La guerre contre l’Irak sera plus difficile pour Bush que la victoire éclair remportée en Afghanistan. Saddam Hussein peut compter sur ses troupes d’élites, aguerries par l’opération Tempête du Désert, la plus grande offensive aérienne depuis la Seconde Guerre mondiale. L’opposition irakienne beaucoup plus faible qu’en Afghanistan ne dispose pas d’une force militaire significative.

Les Etats-Unis devront engager des dizaines de milliers de soldats dans ce qui risque d’être une guerre terrestre sanglante. Avec la raclée prise au Vietnam, pendant combien de temps l’opinion publique américaine pourra-t-elle supporter de voir ses «boys» revenir au pays dans un sac en plastique?

Les tensions entre d’une part les Etats-Unis et l’Europe occidentale, et d’autre part la Russie et la Chine (ces pays font du commerce avec l’Irak et l’Iran) deviendront de plus en plus tendues.

En Europe et aux Etats-Unis même, un puissant mouvement contre la guerre pourrait se développer et déboucher sur un sentiment anticapitaliste profond. Les antimondialistes trouveront leur place au sein d’un tel mouvement. Il faut pointer du doigt les intérêts capitalistes derrière cette sale guerre, qui tournera vite autour du pétrole.

La guerre contre l'Irak pourrait changer considérablement le rapport de forces entre les masses laborieuses et les capitalistes dans le monde entier. L’administration Bush est dominée par une aile réactionnaire qui veut placer les intérêts capitalistes avant toute autre considération humaine.

Les travailleurs et les jeunes n’ont rien à faire de cette guerre. Ils doivent développer leurs propres outils politiques pour en finir avec le capitalisme fauteur de guerres. Rejoignez le MAS pour organiser la résistance aussi efficace que possible!

Par Peter Delsing