De plus en plus de voix s’expriment au sein du gouvernement flamand pour réclamer la régionalisation du rail. Après le VLD et Steve Stevaert, le ministre flamand de la mobilité, voilà qu’Agalev, par la bouche de Ludo Sannen, estime à son tour qu’on «doit pouvoir» scinder la SNCB.
Ces politiciens bourgeois flamands trouvent que leur région doit pouvoir investir dans le développement du port d’Anvers (un dada de Stevaert) ou dans l’établissement de nouvelles liaisons (Sannen plai-dait pour une meilleure liaison entre le Limbourg et Bruxelles et pour une ligne Hasselt-Maastricht).
Les politiciens wallons craignent à chaque fois d’être mis sur la touche par de nouvelles "initiatives flamandes" alors qu’ils ne peuvent pas se permettre de faire autant de promesses à leurs électeurs dans une Wallonie appauvrie. Mais la basse tentative de De Gucht et consorts, qui sont maintenant suivis par le SP.A et Agalev, de diviser la résistance à la privatisation menaçante du rail sur des lignes communautaires est encore plus fondamentale.
Nous avons vu où a mené la privatisation du rail en Angleterre. Les travailleurs ne doivent pas se laisser diviser par les politiciens bourgeois s’ils veulent pouvoir contrer les privatisations par la lutte syndicale et politique.
De nouvelles négociations pour un accord interprofessionnel débutent en septembre. Mia De Vits dit dans De Standaard qu’elle n’est pas prête à céder aux attaques du patronat sur le crédit-temps, les prépensions et les salaires.
En même temps, elle refuse de citer le moindre chiffre quant à une augmentation salariale. Elle tente ainsi de réfréner les attentes des travailleurs; les négociations salariales pourront être menées au niveau des différents secteurs, ce qui mine la force unifiée des travailleurs.
C’est une grave trahison. Les secteurs les plus faibles profitaient jadis de la position des syndicats les plus forts. La norme salariale impose un plafond aux augmentations salariales pour chaque secteur, avec éventuellement un petit quelque chose en plus pour les secteurs les plus forts. En ouvrant la porte à des négociations décentralisées pour l’accord interprofessionnel, De Vits abandonne les secteurs les plus faibles à leur sort.
Et ce au moment où l’UNIZO (pendant flamand de l’Union des Classes moyennes) prône une baisse des salaires réels et - "en échange du crédit-temps" - préconise la semaine des 60 heures (jusqu’à 12h par jour!) et le relèvement de l’âge de la prépension. Nous ne pourrons jamais gagner la guerre des classes contre le patronat avec des généraux comme De Vits à notre tête.
Les travailleurs de FCI Mechelen ont appris début juin que leur section serait fermée. L’entreprise - une multinationale active dans des dizaines de pays - faisait pourtant encore 290 millions d’euros de bénéfices.
A côté de la mobilisation des travailleurs eux-mêmes, la construction de la solidarité dans tout Malines et parmi les militants syndicaux de toute la Belgique est une tâche cruciale. Nous pouvons développer cette solidarité en menant des actions. Nous ne pourrons faire la différence qu’en construisant un rapport de forces. Les travailleurs organisent une journée portes ouvertes le 7 septembre. La journée commencera par une manifestation contre la fermeture de FCI: rendez-vous Rode Kruisplein (Mc Donald’s) à 10h30. Il y aura ensuite des stands d’info, des groupes de solidarité et des interventions.