Le chômage a remonte en Belgique, et particulièrement en Flandre. Il y avait en août 206.348 chômeurs en Flandre (8,6% de chômeurs), 231.854 en Wallonie (16,5%) et 78.745 à Bruxelles (19,5%). Sur les 29.624 chômeurs supplémentaires, il y en a 19.027 en Flandre, 9.740 en Wallonie et 744 à Bruxelles.
par Simon Van Haeren
Le chômage frappe davantage les femmes que les hommes. Les jeunes sont les plus lourdement touchés. Il y a 9.740 chômeurs de moins de 25 ans supplémentaires, dont 6.432 en Flandre, 2.957 en Wallonie et 351 à Bruxelles.
La coalition arc-en-ciel prétendait à ses débuts que le chômage avait baissé. Rien n’était moins vrai malgré les apparences. Les chômeurs âgés ou de longue durée, ceux qui travaillent plus de 18h par semaines en ALE avaient été biffés des listes pour maquiller les statistiques. Les nouveaux chiffres seront pourtant difficiles à enjoliver.
La hausse du chômage est une conséquence directe de la crise économique et de la politique néolibérale menée partout en Europe. Depuis 1995, le travail temporaire a fortement augmenté sur le marché du travail au détriment de l’emploi à durée indéterminée. Les travailleurs intérimaires et ceux qui ont un contrat à durée déterminée sont les premiers à prendre la porte de sortie parce qu’ils sont dépourvus de droits syndicaux. Les jeunes qui ont fait leur entrée sur le marché du travail après 1995 ont dû accepter toutes sortes d’emplois bidons flexibles.
L’état social actif n’est rien d’autre qu’une politique asociale imposée par les patrons. Les entreprises ont reçu en cadeau des centaines de millions d’euros sous la forme de baisses de charges sociales. Celles-ci sont censées améliorer l’économie belge, ce qui devrait "par là même" profiter à l’emploi. C’est un mensonge pur et simple. Le chômage augmente tandis qu’on coupe dans les dépenses sociales.
L’Arc-en-ciel prétend qu’il n’y a pas de marges budgétaire en 2003 pour une augmentation des allocations sociales. L’allocation de chômage moyenne a baissé de 40,8% par rapport au revenu moyen entre 1980 et 2000. L’allocation d’invalidité a baissé en termes relatifs de 30,5% et la pension de 25%. Les chômeurs et les allocataires sociaux sont donc à double titre les victimes de la crise.
Il y a pourtant de l’argent. La sécurité sociale a un bas de laine de 2,5 milliards d’euros. Ce qui fait défaut, c’est la volonté politique d’utiliser cet argent pour revaloriser les prestations sociales au lieu de l’utiliser, par exemple, pour rembourser aux banques les intérêts de la dette publique.
La mi-novembre verra également démarrer les négociations sur un nouvel accord interprofessionnel. Le patronat a ouvert les hostilités sur le crédit-temps, les prépensions et les salaires. L’UNIZO (l’équivalent flamand de l’Union des Classes moyennes) a déjà proposé "en échange du crédit-temps" d’introduire la semaine des 60 heures (jusqu’à 12h par jour!) et de relever l’âge de la prépension. Mia De Vits refuse de citer un chiffre quelconque pour une hausse salariale; elle tente ainsi de brader les attentes des travailleurs et de leurs familles.
Il faut s’organiser pour résister à l’exploitation capitaliste. Rejoignez le MAS-LSP!