Le cinq juillet 2002 est à marquer d’une pierre noire pour l’enseignement supérieur flamand. Ce jour-là, le gouvernement flamand approuvait l’avant-projet de décret qui doit adapter le système de l’enseignement supérieur à la fameuse Déclaration de Bologne. Le caractère démocratique de l’enseignement supérieur va inévitablement prendre un nouveau coup.
La Déclaration de Bologne est un traité imprécis et à double sens qui a été signé par les ministres de l’enseignement de tous les états membres de l’Union européenne. Il veut faire en sorte que les hautes écoles et les universités des différents pays soient mieux assorties les unes aux autres. Il faudra ensuite adapter le système d’enseignement en fonction des exigences du marché libre européen.
L’idée sous-jacente est la création d’un "marché de l’enseignement" européen capable de soutenir la concurrence avec le marché américain et qui soit suffisamment intéressant pour que les multinationales y investissent. L’indépendance de l’enseignement et de la recherche dans les universités et les hautes écoles n’aura désormais plus d’importance. Les multinationales vont faire primer leurs intérêts au détriment de ceux de l’enseignement supérieur dans les nouveaux organes d’accréditation encore à mettre sur pied qui décideront des subsides à accorder aux différentes formations.
Les étudiants seront incités à aller étudier de plus en plus loin de chez eux, car les universités ne pourront plus continuer à offrir toutes les orientations d’étude qu’elles ont maintenant. Les formations seront également scindées en un "Bachelor" et un "Master". On parle déjà de faire payer "le coût réel des études" aux étudiants inscrits pour un Master, ce qui signifie donc une forte hausse du minerval. Il est à craindre que nombre d’étudiants de condition modeste n’auront plus les moyens de suivre des études supérieures.
On assiste dès à présent à une forte baisse des inscriptions dans les universités. Les inscriptions pour une formation universitaire de 4 ou 5 ans ont ainsi enregistré une baisse de 11%, tandis que les formations universitaires en 3 ans ont connu une hausse de 7%. En raison du ralentissement économique, de plus en plus d’étudiants choisissent leurs études en fonction de l’argent et suivent des formations courtes qui les mènent plus rapidement sur le marché du travail. De plus en plus d’étudiants doivent travailler pendant l’année académique pour pouvoir payer leurs études. Et pour quel résultat? Les jeunes diplômés des universités sont venus en grand nombre gonfler les statistiques du chômage.
Le nouveau décret du gouvernement flamand est clairement destiné à mettre Bologne en application. Avec pour résultat une sélection accrue de ceux qui suivent une formation supérieure. Actief Linkse Studenten - l’organisation étudiante proche du MAS/LSP en Flandre - va continuer à lutter contre le démantèlement anti-démocratique de l’enseignement supérieur!
Tim Joosen