Stop à la criminalisation des luttes sociales!

Alors que commencent les négociations interprofessionnelles le patronat lance une offensive contre les droits sociaux et les libertés syndicales. Après la proposition de diminuer le nombre des travailleurs protégés et de remettre en cause l’index et la norme salariale pour les négociations sur les conven-tions collectives, les patrons attaquent maintenant le droit de grève.

En juin dernier, les dockers d’Anvers ont fait grève contre la privatisation des opérations de déchargement. Ils ont remporté une victoire partielle. La bourgeoisie passe maintenant à l’offensive. En septembre le procureur Bart Van Lijsebeth a adressé un courrier à tous les services de police du royaume afin que des mesures soient prises pour empêcher les barrages de piquets de grève sur les routes.

La cerise sur le gâteau a cependant été posée par Leona Detiège, bourgmestre SP.A d’Anvers. Elle a dressé, en collaboration avec la police, le parquet et le directeur général du port d’Anvers une liste de rues "vitales" qui désormais ne pourraient plus être bloquées. "Lors d’un piquet sur une voie d’accès, la police doit identifier les participants et négocier la levée du barrage. Les partici-pants doivent être conscients qu’ils encourent des sanctions pénales et le versement de dommages et intérêts" (De Standaard, 13/9/2002).

Mia De Vits et Luk Cortebeeck restent évidemment muets devant de telles mesures sur le droit de grève. Est-ce qu’ils pensent que leur "accord de principe" avec les patrons empêchera la police et les juges de briser les grèves?

Même le Comité européen pour des droits sociaux fondamentaux (une commission de l’Union européenne) a estimé en juillet que la Belgique est trop stricte dans l’application de mesures pour démanteler les piquets de grève.

Pour arrêter l’offensive patronale, nos dirigeants syndicaux doivent cesser d’aller palabrer chez Verhofstadt et chez les patrons alors que leurs militants de base sont poursuivis lorsqu’ils se dressent contre la politique de régression sociale.

Emiel Nachtegael