Des quotas pour les travailleurs immigrés?

Il y a quelques semaines, le ministre de l’Intégration sociale Vande Lanotte a avancé la proposition d’imposer aux entreprises des quotas pour les contraindre à engager des travailleurs d’origine immigrée.

Ces derniers rencontrent en effet de nombreuses discriminations pour se faire embaucher. L’an dernier, le chômage chez les travailleurs de nationalité belges a progressé de 12,4%. Chez des travailleurs de nationalité turque et marocaine, de 17,7%. Mais imposer aux employeurs des quotas, est-ce une solution?

La discrimination sur le marché de l’emploi n’est pas un fait isolé, mais c’est lié à la discrimination dans la société. Les travailleurs immigrés doivent avoir l’égalité des droits. L’enseignement joue-là un rôle important. Seuls 2% des enfants dont les parents sont immigrés non européens décrochent un diplôme supérieur. L’an dernier en Flandre, 15.000 immigrés se sont inscrits pour suivre des cours de langues auprès du VDAB (le FOREM en Flandre) mais il n’y avait que 3.000 places disponibles.

Selon Renaat Landuyt, ministre SP.A dans le gouvernement flamand, la proposition de Vande Lanotte illustre la faillite de la politique d’intégration des immigrés. Cette proposition fait aussi le jeu du Vlaams Blok qui hurle déjà qu’une telle proposition "discrimine les travailleurs fla-mands". Les préjugés xénophobes risquent de s’aggraver. Tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité ou leur origine doivent rejeter la division et lutter ensemble pour l’emploi.

Dagmar Walgraeve