La groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer veut diminuer ses coûts annuels de 2 milliards d’euros. A cette fin la suppression de 15.000 postes de travail est prévue. Le siège d’Anvers n’échappera pas à ce bain de sang social. Le plan de restructuration (Masterplan) de Bayer Anvers prévoit que 487 emplois à plein temps (y compris 57 emplois chez Kerr Mc Gee) doivent disparaître d’ici la fin 2004. Cela représente une économie de 31 millions d’euros par an.
La direction de Bayer attribue ses difficultés économiques actuelles à la mauvaise conjoncture économique, au retrait du marché du produit Lipobay (après qu’il y ait eu entre-temps une centaine de décès et près de 2.000 plaintes en dommage contre Bayer) et aux suites du 11 septembre. La marge bénéficiaire serait trop réduite. Les travailleurs ne l’entendent bien entendu pas de cette oreille. Alternatief, une publication des travailleurs de l’ancienne firme Polysar, devenue maintenant Bayer Rubber, démontre la politique catastrophique de rachat menée par le groupe: notamment le rachat d’un département de polymères de Lyondell en 2000 (2,6 milliards d’euros) et la reprise de Aventis Crop Science en avril 2002 (7,5 milliards d’euros). Ensemble avec une série d’autres opérations de rachat de moindre envergure, cela a eu pour effet d’absorber les liquidités du groupe. Les dettes et les obligations financières du groupe Bayer auraient de plus augmenté de 8,9 milliards d’euros (+44%) au cours du premier semestre 2002.
Selon la même publication Bayer veut "faire de ces dettes une vertu" et faire payer aux travailleurs une situation financière calamiteuse dont la direction du groupe est responsable. L’objectif à l’échelle du groupe est d’épargner 2 milliards par an d’ici 2005. Ce qui mènerait à un doublement du bénéfice net comparé à celui de l’année 2000, qui était un bénéfice record. Il n’est donc pas étonnant que les travailleurs et les syndicats refusent d’avaler ces 430 pertes d’emplois supplémentaires. L’annonce du plan d’austérité à été portée à la connaissance des représentants du personnel à la réunion intersièges (toutes les entreprises du groupe en Belgique). Des assemblées des travailleurs ont ensuite eu lieu le 10 le 17 octobre. A l’occasion de la réunion du conseil d’entreprise du 22 octobre 500 travailleurs ont manifesté et le 30 octobre les organisations syndicales ont organisé un cortège funèbre à tous les sièges.
Eric Byl