La journée nationale des femmes (le 11 novembre) a pour thème la violence contre les femmes. Les femmes sont confrontées à différentes formes de violence directe ou indirecte.
Une femme sur 4 en Belgique est confrontée à la violence intra familiale. Nombre de femmes ne parviennent jamais à gagner leur indépendance envers leur ex-partenaire, mais continuent de dépendre des pensions alimentaires. En 2000, la Ligue des Familles a appelé les partis de la coalition gouvernementale à mettre sur pied un fonds des créances alimentaires.
Cette proposition de loi, que tous les partis de la majorité avaient d'abord acceptée, a été refusée au dernier moment par le ministre du budget Van de Lanotte, au grand dam de la Ligue des Familles et des autres organisations de femmes. On doit donc toujours aller au CPAS, seul le nom a changé: "Agences locales pour l'alimentation".
Les ex-partenaires et leurs enfants peuvent y aller pour demander une avance quand la pension alimentaire n'est pas payée ou est payée en retard. Les autorités récupèrent alors l'argent auprès du mauvais payeur. Il y avait déjà un règlement d'avances extérieur au CPAS dans le cas où la pension alimentaire reste impayée deux mois par an. En 2000, 6.995 personnes y ont fait appel. La récupération n'a cependant eu lieu que dans 5% des cas. Pour obtenir l'avance maximale, le plafond des revenus est relevé de 943 à 1.100 euros par mois, augmenté de 51,5 euros par enfant à charge. Les barèmes pour obtenir une avance limitée s'échelonne de 1.089 à 1.438 euros. L'avance passe désormais de 125 euros à un montant compris entre 150 et 200 euros. (De Standaard on line, 12/10/02)
En Belgique, les femmes gagnent 10% de moins que leurs collègues masculins pour le même travail.
En moyenne, les femmes ne gagnent que 70% de ce que les hommes gagnent. On les trouve dans les emplois à temps partiel, à durée déterminée et mal payés. Dans l'idéologie du capitalisme, la famille est la meilleure façon d'organiser la société. Dans cette logique, les bas salaires des femmes sont justifiés parce qu'ils ne sont considérés que comme un "revenu de complément". D'un autre côté, l'accueil des enfants est insuffisant et onéreux. C'est pourquoi beaucoup de femmes restent à la maison pour garder les enfants. Quand une famille éclate, l'homme doit continuer à soutenir financièrement sa famille.
Nous pensons que toutes les femmes, isolées ou non, avec ou sans enfants, doivent avoir un revenu complet. Il n'est pas normal que les enfants soient ballottés d'un côté à l'autre à cause de problèmes financiers. Dans la plupart des cas, ce sont les enfants et la mère qui en sont les victimes. A côté de la sécurité sociale, la collectivité doit aussi jouer un rôle plus important dans l'éducation. L'allocation familiale doit couvrir les coûts réels de l'éducation et de l'entretien d'un enfant. Les partis qui soutiennent le gouvernement vont pourtant dans une tout autre direction puisqu'ils envisagent notamment une limitation des allocations de chômage dans le temps, une mesure antisociale dont les femmes seront les premières victimes.
Le MAS revendique:
- Un emploi pour toutes et tous: la semaine des 32 heures sans perte de salaire ni d'aucune autre forme de rémunération (primes) et avec embauches compensatoires;
- Un salaire minimum de 1.250 euros net par mois;
- Un programme massif de travaux publics et la fin des coupes budgétaires dans les services à la collectivité. Il faut créer de nouveaux emplois afin de décharger les femmes des tâches domestiques et des tâches de soin;
- La suppression de tous les statuts précaires, des ALE et du travail intérimaire;
- L'abolition de tous les assainissements dans la sécurité sociale;
- Un congé de maternité de minimum 6 mois, avec maintien intégral du salaire (et des primes) et la garantie de retrouver son emploi;
- L'application totale de la loi sur la protection de la grossesse;
- Pas de fonds des créances alimentaires ni de récupération par le CPAS! L'allocation familiale doit couvrir les coûts réels. Non à ce système d'agences alimentaires, humiliant pour les femmes comme pour les enfants;
- Le droit de divorcer librement sur simple demande d'un des partenaires! Stop aux procédures humiliantes et onéreuses;
- Le développement de structures d'accueil pour les femmes et les enfants maltraités, avec le financement adéquat.