> 17 novembre > 14h00 BXL-Gare du Nord |
Des milliers de personnes descendent dans la rue un peu partout dans le monde avant même que la guerre n’ait commencé. Les gens sentent instinctivement que, contrairement à ce que le gouvernement américain veut nous faire croire, ni la population américaine ni la population irakienne ne trouvera son compte dans cette guerre. Cette guerre ne profitera qu’à l’élite politique et économique américaine qui fait son beurre dans le commerce du pétrole, des armes ou autres. Les larges couches de la population sont plus que perplexes, voire carrément critiques. Ce n’est donc pas un hasard si la campagne anti-guerre du MAS/LSP trouve un écho particulièrement favorable dans les écoles, les gares, les universités,...
par Els Deschoemacker
Cette guerre comporte de multiples dangers pour la classe dominante des USA et du reste du monde. Le risque est réel que des soulèvements de masse au Moyen-Orient entraînent des changements de régimes dans des pays qui collaborent avec les USA, comme le Pakistan, l’Arabie Saoudite, l’Egypte,... La classe dominante mondiale est donc fortement divisée sur l’opportunité de soutenir ou non la rhétorique guerrière des USA. Le gouvernement Verhofstadt se prononce lui aussi provisoirement contre une guerre. Les élites dirigeantes mondiales craignent que cette guerre ne porte atteinte à leurs intérêts commerciaux.
Ces deux éléments font en sorte que la guerre n’est pas certaine à 100%. Le mouvement anti-guerre ne doit cependant pas se laisser distraire par ce genre de spéculations. C’est justement la force et le potentiel de ce mouvement anti-guerre qui peut contrer la classe dominante.
La mise en place et l’élargissement des comités anti-guerre est donc d’une grande importance. Des comités ont déjà démarré dans un certain nombre d’écoles et de villes. On se prépare à lancer des comités dans deux quartiers populaires de Gand et un syndicaliste de la VUB a pris l’initiative d’en lancer un avec des étudiants et des membres du personnel de la VUB. A l’ULB, le comité anti-guerre a déjà organisé une première action qui a impliqué une trentaine d’étudiants. A Liège, le mouvement pacifiste a appelé à une manifestation locale le 8 novembre.
Ces comités anti-guerre doivent en premier lieu mobiliser pour la manifestation nationale du 17 novembre à Bruxelles. Bien que cette manifestation n’ait pas un caractère clairement anticapitaliste du fait de la trop grande hétérogénéité des organisations qui ont signé la plate-forme (lire le dossier en page 7), elle a des chances d’être très imposante. Nous voulons intervenir dans cette mobilisation pour construire un courant anticapitaliste au sein du mouvement contre la guerre. La pression des masses ne suffira pas, il faut aussi élaborer un programme et construire un instrument politique.
Nous voulons, avant comme après la manifestation, mener ces discussions parmi bien d’autres dans les comités anti-guerre. Ces comités ne doivent donc pas être des instruments purement tournés vers l’action, mais ils doivent également servir à développer la conscience. Ceux qui prétendent que les discussions sont superflues se trompent et laissent l’initiative à la bourgeoisie qui pourra ainsi donner sa version des choses.
Nous devons tout faire pour que cette guerre ne puisse pas avoir lieu. Nous voulons en même temps mener la discussion sur la manière dont le capitalisme mène inéluctablement à la guerre. Sur qui pouvons-nous compter pour mener cette lutte? L’ONU peut-elle offrir une issue? Pouvons-nous faire confiance aux partis gouvernementaux pour défendre nos intérêts et ceux de millions de travailleurs à travers le monde dans ce conflit? Ou bien devons-nous construire des instruments politiques qui soient indépendants de l’élite dominante?
Nous pensons que les travailleurs et les jeunes ne peuvent compter que sur leurs propres forces. Les comités anti-guerre peuvent jouer un rôle important dans la construction d’un tel rapport de forces.