Dès les premières heures après les résultats, des milliers de personnes se sont rassemblées et ont manifesté contre le faux choix Chirac-Le Pen ou contre Le Pen tout simplement.
Cela montre que les traditions et l’énergie anti fasciste sont restées intactes. Les grèves et manifestations lycéennes et étudiantes doivent s’étendre et aller vers une mobilisation généralisée. Il faut non seulement mettre le second tour sous pression, montrer que Chirac et Le Pen sont minoritaires, que les antiracistes sont les plus nombreux. Mais également, il nous faut préparer les luttes à venir. Nul doute que Chirac va vouloir gouverner sur des bases encore plus réactionnaires que celles qui l’ont vu au pouvoir, avec son premier ministre Juppé, entre 95 et 97. La volonté de démanteler la sécurité sociale combattue par la grève de novembre-décembre 95, l’attaque de l’église Saint Bernard, occupée par 300 sans papiers dont une majorité de femmes et d’enfants, par 1 500 CRS, sont les symboles de cette politique.
La lutte actuelle a donc un enjeu énorme, celui de rendre confiance à des millions de jeunes et de travailleurs dans leur capacité à régler eux même les choses, à organiser leur lutte à mettre fin au défaitisme du « ça sert à rien » qui arrangeait tant les affaires de la droite ou de la gauche plurielle.
Des assemblées générales pour discuter de la situation présente et organiser la lutte, mais aussi pour l’élargir à d’autres secteurs, s’adresser aux gens qui ne sont pas encore dans le mouvement, notamment dans les quartiers populaires. Egalement, les manifestations doivent être plus massives encore, les grèves doivent se multiplier partout où c’est possible. Le premier mai, que Le Pen veut essayer de récupérer alors qu’il s’agit de la journée internationale des travailleurs, jour symbole de leurs luttes dans tous les pays et du fait qu’au delà des frontières et des nationalités nous avons à nous unir contre les mêmes ennemis : patronat et grands actionnaires. La lutte en devenant massive, en refusant le faux choix Chirac-Le Pen, les empêchera l’un comme l’autre de prétendre à une légitimité.
L’enjeu est de préparer la suite, construire le vaste mouvement qui doit bloquer la politique des capitalistes et rendre victorieuses les revendications contre les licenciements, les privatisations, pour l’égalité des droits entre français et immigrés, pour les augmentations de salaires, et un véritable emploi pour tous.