La gauche plurielle : une défaite annoncée

En perdant près de 3 millions de voix par rapport à 95, la gauche plurielle, et principalement le PS et le PCF vient de connaître une défaite historique. Jospin s’est estimé « seul » responsable et quitte le navire. Du coté du PCF une crise majeure s’ouvre, peut être terminale.

Les voix des travailleurs et des jeunes se sont reportées sur l’extrême gauche, dans l’abstention mais également sur le FN car ce dernier est apparu comme le seul pouvant créer le séisme.

Après 5 années de gouvernement où les privatisations et les attaques contre les conditions de travail se sont succédées, le candidat Jospin avait même jugé bon de préciser qu’il n’était pas un candidat « socialiste ». Il avait un bilan à défendre paraît-il. Seulement, les travailleurs et ls jeunes ne font certainement pas le même bilan que lui.

Sur la loi Aubry par exemple. Soit disant faite pour mettre en place les 35 heures, elle a été une loi de déréglementation du travail au seul bénéfice des patrons, notamment dans l’industrie. Ces accords ont souvent imposé un gel des salaire (« modération salariale ») qui a fait que chaque année les salariés ont perdu du pouvoir d’achat. En fait, ces lois ont permis aux patrons de faire produire en 35 heures payées 35 ce qui se faisait en 39 heures payées 39. Même le Los Angeles Time a écrit récemment : « à propos de la loi sur les 35 heures, les grandes compagnies trouvent ce système très utile car elle leur permet de réorganiser les heures et les organisations du travail ». Quant aux postiers, aux licenciés, aux salariés d’EDF-GDF, aux cheminots, aux infirmier(e)s qui se sont fait matraqués lors des dernières manifs, etc. c’est sans complexe qu’ils n’ont pas reconduit une gauche qui n’a gouverné que pour les intérêts du grand patronat et des grands actionnaires.

Jospin a d’ailleurs été si loin dans cette voie qu’il a déclaré lors de la grande grève générale du mardi 16 avril en Italie « que ce pourrait être la situation en France si Chirac repassait ». Autrement dit, il se présentait comme le candidat pouvant apporter une garantie : celle d’empêcher les luttes… Ce genre de réflexion est bien évidemment à l’adresse du patronat.

Plusieurs fois avertis, notamment lors des municipales, du net recul électoral du PS et de la gauche plurielle en général, Jospin et ses alliés n’ont pas changé de politique. Ce n’est ni par mauvaise volonté, ni par aveuglement. C’est parce que mener une politique en faveur des travailleurs et des jeunes exige qu’on n’hésite pas à s’en prendre aux patrons et grands actionnaires. Cela demande de se placer dans la perspective d’une rupture réelle avec le capitalisme et non pour la gestion de ce système. Le PS a depuis longtemps abandonné cette orientation, les scores importants de l’extrême gauche montrent qu’il existe une possibilité pour créer un nouveau parti regroupant les jeunes, les travailleurs, les chômeurs etc. pour défendre leurs intérêts et en finir avec le capitalisme.