Comment le capitalisme attaque l’éducation au Nigeria

Le 28 Mars 2002, 5000 étudiants de l’Université Obafemi Awolowo (OAU) dans le Sud Ouest du Nigeria ont organisé une manifestation contre la décision de l’administration d’augmenter les frais d’inscription de 500 nairas à 4500 Nairas par module (de 4,78€ à 42,98€).

Ce plan n’est qu’un des derniers parmi la flambée des frais de la récente période. Mi Mars le gouvernement a organisé un sommet national sur l’enseignement supérieur. Une des décisions centrales de cette conférence non représentative a été d’amener tous les acteurs de l’éducation à participer au financement du système éducatif. En fait, c’est un euphémisme pour préparer les parents et les étudiants à payer des frais plus importants. Les attaques des capitalistes contre l’éducation on débuté à la fin des années 70. Ce qui a coïncidé avec la fin de la croissance économique mondiale et l’ère de boom pétrolier du Nigeria. Une période qui a vu une flambée des prix du pétrole. Depuis cette période la classe capitaliste Nigériane n’a eu de cesse de faire peser le coût de l’éducation sur les familles de la classe ouvrière, à travers les privatisations, la commercialisation et la baisse des budgets publics alloués à l’éducation.

Toutes ces attaques ont provoqué des résistances surtout de la part des étudiants, comme en 1978 où à la suite d’une forte mobilisation contre l’augmentation des frais d’inscription beaucoup d’étudiants avaient été tués et le syndicat national des étudiants nigérians (NUNS) avait été interdit.

Les attaques se sont poursuivies avec le soutien du FMI et son programme d’ajustement structurel. Les universités subissaient de grosses pressions pour être rentables, de sorte qu’elles augmentaient les frais existant ou en introduisaient de nouveaux, alors que les services comme les restaurants universitaires, les services de santé, de nettoyage ou de transport étaient soient privatisés soient commercialisés ; et des milliers de travailleurs de ces services renvoyés.

Les conséquences de ces politiques sont déplorables ; à Lagos, il y a un professeur pour 200 étudiants. Le 24 Avril, 1 million d’étudiants passent l’examen d’entrée à l’université, mais il n’y a que 100000 places dans les établissements (soit 10%). La pénurie est aussi importante en personnels enseignants, dont beaucoup quittent le pays pour trouver de meilleurs salaires et des conditions de travail décentes ailleurs. Les actions de masse se poursuivent de façon locale. Mais les étudiants jouent aussi un rôle prépondérant dans des mobilisations diverses contre les politiques néo-libérales.

Les étudiants du DSM (section du CIO au Nigeria) organisés à l’intérieur du NANS le syndicat national étudiant, continuent d’expliquer la nécessité de se battre dans la perspective du renversement du capitalisme, pour l’introduction d’un système socialiste démocratique, pour en finir avec la misère que subissent les étudiants et les travailleurs en général.

Peluola Adewale (NANS Zone D). Nigeria.