Les réactions massives et spontanées qui ont eu lieu depuis dimanche dernier dans toute la France te en Europe montrent que les jeunes ne sont pas prêts à se laisser faire face au choc du score du FN au 1 er tour des présidentielles.
Dans les quartiers populaires notamment, le vote Le Pen a été fort. Nombre de ces votes ont été, en fait, une façon de rejeter le chômage, la précarité et la pauvreté. Le Pen a d'ailleurs fort démagogiquement saisi ce désespoir en se présentant comme le candidat des travailleurs, des exclus du système, de ceux qui ont subi la politique de Chirac et de la Gauche Plurielle pendant cinq ans.
Le Pen : raciste, fasciste et anti-salarié
Pourtant, Le Pen est le pire ennemi des jeunes et des travailleurs quelque soit leur origine. Son programme totalement raciste, xénophobe prône les camps d'internement et de transit pour les étrangers en situation irrégulière. Ceci se double d'un programme antisocial contre les salariés. Ainsi, il prône l'allongement à 60 ans minimum de l'âge de la retraite, l'allongement de la durée du travail et ne parle absolument pas de toucher aux profits des patrons ou d'augmenter le SMIC. Il veut la mise en concurrence des services publics avec le privé, le développement de l'enseignement privé, la priorité aux français pour toute aide sociale, le retour des femmes au foyer. Il promet de s'attaquer aux organisations syndicales salariées. Il est également contre l'avortement, pour la peine de mort...On est loin de son prétendu programme social : en vérité, il est économiquement et socialement de droite ultralibérale !
Chirac répond à cela par un vrai programme de droite, surfant sur la peur sécuritaire pour masquer son volet libéral et ses casseroles liées aux affaires parisiennes. Il promet la création d'un ministère de la sécurité, il assure une politique encore plus répressive contre les étrangers sans-papiers. Au niveau social, il propose l'allongement de la retraite à 60 ans, une égalité de traitement entre l'enseignement public et le privé,... Il propose aussi notamment un " contrat sans charges " pour les jeunes de moins de 22 ans. Ce genre de mesure permettra aux patrons de se débarrasser des salariés les plus âgés pour en embaucher de plus jeunes qui leur coûteront moins cher. Chirac propose également d'augmenter le nombre d'heures supplémentaires que les patrons pourront imposer aux salariés tout en en diminuant la rémunération. C'est le feu vert pour une sur-exploitation des salariés.
Opposer le vote Chirac comme un rempart à Le Pen ne nous satisfait pas. Face au faux choix que la situation nous impose, nous voterons blanc, d'autres voteront Chirac à contre coeur. Ce qui est sûr c'est que nous n'en n'aurons pas fini avec le FN après le 5 mai et que ceux qui croient que parce que le FN fera un petit score il sera définitivement battu se trompent : les raisons de l'existence du FN, misère et précarité, sont toujours là. Bien plus que le vote, c'est cela qu'il faut combattre pour en finir avec Le Pen.
Ne comptons que sur nos luttes !
Les grèves et la mobilisation doivent s'intensifier et s'étendre au monde du travail et dans les quartiers. Pour cela, le 1er mai est un pas essentiel dans la mobilisation qu'a impulsé la jeunesse. C'est la première fois que jeunes, chômeurs et salariés, immigrés nous pouvons nous retrouver tous ensemble ! En mettant en avant les revendications sociales, le refus des licenciements comme ceux de Moulinex, le rejet de la précarité, nous empêchons Le Pen de récupérer cette journée internationale des travailleurs qu'est le 1er mai ainsi que de dévoyer nos revendications. Nous empêcherons aussi la peur du FN de continuer de se développer parmi les populations d'origine étrangère.
Plus que jamais, nous devons nous battre pour l'égalité des droits pleine et entière entre français et étrangers. Plus que jamais la mobilisation doit être sociale mais aussi antiraciste et internationaliste. Au delà des frontières et des nationalités, nous combattons les mêmes ennemis le patronat et les grands actionnaires comme Messier à Vivendi ou Total... D'ailleurs, la lutte contre la mondialisation capitaliste notamment depuis cet été montre ce refus à travers de nombreux pays.
Construire la riposte !
La lutte actuelle a donc un enjeu énorme, celui de rendre confiance à des millions de jeunes et de travailleurs dans leur capacité à régler eux-mêmes les choses, à organiser leur lutte. Une nouvelle force politique peut partir des mobilisations actuelles. Les scores de l'extrême-gauche (Laguiller- Besancenot) sont souvent au coude à coude avec ceux du FN.
Le vote pour des candidats anticapitalistes est un encouragement pour les luttes. Transformons ensemble cet essai ! Nous pourrions avancer vers une alliance où s'organiseraient des individus et les organisations existantes pour combattre aujourd'hui mais aussi demain dans les luttes à venir !
C'est sur le refus des licenciements, l'ouverture des livres de comptes des entreprises et la levée du secret bancaire, l'augmentation des salaires, l'égalité des droits entre français et immigrés, le refus de toute privatisation et la renationalisation sous le contrôle direct et démocratique des travailleurs de tous les secteurs privatisés, la défense des retraites à 55 ans et 37,5 annuités pour tous, public et privé...etc. que peut reposer la construction de cette force politique des jeunes, des salariés et des chômeurs.
Pour s'en sortir, ces revendications ne suffisent pas mais montrent que c'est au système capitaliste qu'il faut s'attaquer et construire une société véritablement socialiste c'est à dire où les jeunes et les travailleurs prendront les choses en mains démocratiquement pour les besoins de tous. Cette société n'aura rien à voir avec le social-libéralisme de Jospin, qui n'est qu'une capitulation devant le patronat, ni le stalinisme qui n'avait rien de démocratique.
Le seul véritable rempart au fascisme, ce sont nos luttes, unifiant les jeunes, les travailleurs, les chômeurs hommes ou femmes, français ou immigrés ! C'est avant tout pour cela que nous nous battons, rejoignez nous !