Israël est résolu à «enlever» Yasser Arafat. Ehud Olmert (porte-parole du Premier ministre) avoue qu'il y a déjà eu plusieurs tentatives pour kidnapper Arafat. Au cour des dernières semaines, les responsables israéliens ont même évoquer son "élimination physique".
Les États-Unis - financier et fournisseur d'armes le plus important d'Israël - ont émis des réserves sur la proposition d'assassiner Arafat. Bien que l'administration de Bush refuse toujours de dialoguer avec le leader palestinien, Colin Powell a qualifié ce projet israélien de "gênant" et de "contre-productif" pour la "feuille de route".
Powell comprend que l'enlèvement - ou le meurtre - d'Arafat provoquerait une réaction massive parmi les masses arabes et parmi les musulmans de par le monde. Cela affaiblirait encore plus la position des États-Unis en Irak et les tentatives de déstabiliser le régime iranien. De plus le prestige d'Arafat en sortirait renforcé et toute possibilité d'armistice de la part du Hamas et du Jihad serait réduite à néant.
Bien qu'Arafat ait remporté la lutte pour le pouvoir, aux dépens d'Abu Mazen, la "marionnette d'Israël", Arafat est considéré par les masses palestiniennes comme faisant partie de l'élite palestinienne fortunée incapable de gagner la lutte pour l'indépendance. Il est significatif que lors d'une dispute au sein de l'autorité palestinienne il y a quelques semaines, le ministre de l'Intérieur ait traité Arafat de "dirigeant révolutionnaire le plus incompétent jamais vu".
Les Etats-Unis feront sans doute pression pour que les dirigeants israéliens ne mettent pas à exécution leur projet d'assassinat d'Arafat. Mais en même temps, ils s'inquiètent peu du fait que l'armée israélienne continue la répression dans les territoires occupés.
Au sein du gouvernement israélien il y a une opposition "gauche libérale" limitée. Cela montre qu'il y a dans la bourgeoisie israéliennes des voix qui perçoivent le danger de la politique du pire. Dans les faits cependant rien ne change et l'armée israélienne poursuit la répression contre les masses palestiniennes. Aucun parti dans la Knesset ne s'oppose à cette répression. Une telle situation crée les conditions pour que des attentats kamikazes reprennent contre des civils israéliens.
Entre-temps la classe ouvrière en Israël subit la crise économique la plus longue et la plus dure de l'histoire du pays. Les atteintes du gouvernement néo-libéral à la sécurité sociale et à l'emploi progressent chaque jour. En 2004 il y aura à nouveau des coupes budgétaires de 10 milliards de shékels (environ 300 millions d'euros).
Il est évident que la feuille de route est un échec retentissant. Toute tentative d'arriver à la paix dans le cadre du capitalisme a mené à la faillite. Les 10 ans qui ont suivi les accords de paix d'Oslo ont été 10 ans de guerre, de pauvreté et de terreur.
Maavak socialisti, la section en Israël du Comité pour une Internationale ouvrière, témoigne que les masses palestiniens n'ont jamais connu une situation aussi dramatique. La population d'Israël, de son côté, vit dans la hantise des attentats suicides. L'occupation des territoires palestiniens a coûté la vie à 700 Israéliens et à des milliers de Palestiniens.
Les politiciens capitalistes israéliens et l'élite palestinienne ne sont disposés qu'à la défense de leurs propres intérêts et cela par tous les moyens. Les masses palestiniennes et israéliennes en sont les victimes. Au Moyen-Orient, il n'y a aujourd'hui ni emplois, ni paix. Seul un mouvement politique doté d'une programme socialiste pour offrir une alternative. Seule une fédération socialiste du Moyen-Orient pourra mettre fin au carnage et à la misère. Car au Moyen-Orient comme ailleurs ce qui est en jeu est "le socialisme ou la barbarie".
Micha Teller