Depuis le 15 mars 2003, le marché européen des transports de marchandises par voie ferrée est libéralisé. Cela n’est qu’un premier pas vers la privatisation des chemins de fer. Chaque pays possède sa propre réglementation et signalisation: les sociétés privées peuvent ainsi rouler sur les différents réseaux, les conducteurs peuvent conduire dans les pays étrangers. On peut imaginer les difficultés et dangers qui en découlent.
Les trains de passagers avaient une priorité absolue sur les transports de marchandises, mais cela changera sous peu et va entraîner encore plus de retards. Le gouvernement voudrait aussi ouvrir le trafic des voyageurs au secteur privé en 2008. Cela peut mener à la même situation catastrophique qu’en Angleterre. Les syndicats avaient fait remarquer que le plan d’investissement pour la période 2001-2012 était impossible sans soutien financier de l’état. La revendication concernant cette aide potentielle de la part du gouvernement est tout à fait justifiée. "Pas de deuxième SABENA" n’est pas seulement un slogan, mais aussi une expression de la colère qui vit chez les 42.000 travailleurs de la SNCB. Pour l’année 2003, des investissements ont été supprimés, entraînant des conséquences néfastes pour le projet RER. Ainsi les victimes de sa suppression seront les navetteurs qui viennent quotidiennement à Bruxelles. Les travailleurs sont aussi concernés, il y a un manque d’effectifs et de nombreux conducteurs doivent encore récupérer plus de 100 jours de repos. Vinck dit qu’il n’y a pas un manque de personnel, mais que la productivité doit augmenter. Avec le plan pour les transports de marchandises, les conducteurs ne vont pas seulement conduire les trains, mais ils vont devoir s’occuper d’autres tâches techniques, administratives et de surveillances. En laissant faire par une personne le travail de cinq salariés, ils peuvent faire d’énormes économies.
La privatisation signifie une diminution des services pour plus de bénéfices et une détérioration des conditions de travail. Il est nécessaire que les travailleurs et les usagers luttent ensemble pour maintenir un service public pour toute la population. Il faut à tout prix éviter que ces sociétés ne deviennent uniquement des machines exploitées dans l’unique but de l’appât de gains.
Correspondant