Comment combattre les effets négatifs des drogues sur la société et sur les consommateurs?

Les drogues sont de tous les temps et de toutes les cultures. Il y a de fortes indications que déjà parmi les sociétés primitives, souvent dans le cadre des rituels, les drogues étaient utilisées. On ne peut raisonnablement pas dire pourquoi il est criminel et nuisible de fumer un joint de temps en temps. Tout comme boire une verre de temps en temps ne crée pas de problèmes insurmontables.

On peut dire cela pour la majorité des drogues, a l’exception d’un petit nombre de produits qui créent une dépendance à très court terme (le tabac par exemple). Les problèmes avec les drogues commencent si leur consommation est liée à d’autres problèmes. Si le consommateur n’a par exemple pas assez d’argent pour payer sa consommation et s’oriente vers des actes criminels pour la payer. Le consommateur fortuné n’a pas ce genre de problèmes et peut également, si nécessaire, suivre un thérapie dans de meilleurs centres, avec un meilleur accompagnement.

Nous voyons d’ailleurs que les Pays-Bas sont le seul pays européen où l’usage des drogues chez les jeunes diminue, preuve qu’une politique de tolérance ne mène pas à plus de consommation de dro-gue. Depuis 84 l’institut Trimbos fait une enquête tous les quatre ans chez 10.000 jeunes entre 10 et 18 ans sur leur consommation. Jusqu’en 1999, elle continuaient à croître mais cette année la consommation de cannabis a baissé de 15% et la consommation d’ecstasy de 40%, la consommation de drogue dure restait constante. La cause serait une prévention de qualité. Lors d’une conférence internationale de 30 pays fin 2002 à Hambourg, il est apparu que la plupart des programmes de prévention de drogues en Europe et aux Etats-Unis n’étaient pas effectifs. Le programme néerlandais "L"Ecole saine et les produits stimulants’ (utilisé dans 70% des écoles secondaire) était l’un des meilleurs. Il n’y a pas dans ce programme le moindre petit doigt moralisateur, il donne surtout une information objective sur les drogues. En même temps il donne des informations sociales et montre comment les jeunes peuvent se protéger contre la pression de l’entourage. On peut craindre que le nouveau gouvernement des Pays-bas va justement changer cette politique de par la conjonction de la crise économique et des coupes budgétaires importantes dans toutes les dépenses sociales. Il est inévitable que la consommation des drogues va recommencer à croître dans ces conditions.

Selon le MAS on ne peut pas punir la consommation de drogues: ce n’est pas un crime. Dans le meilleur des cas c’est une forme de récréation plus ou moins innocente, dans le pire des cas le consommateur se met dans une situation très dangereuse sur le plan physique et/ou mental, mais à aucun moment il ne commet pas par ce fait de crime. Chaque année, il y a quelques centaines de morts par les drogues, avec une croissance importante de ceux qui n’ont fait que de prendre et/ou de combiner de mauvaises pilu-les ou poudres. Afin d’aider de la meilleure façon des jeunes qui pourraient évoluer vers une situation problématique sur le plan de la consommation, être ouvert est un must. Actuellement, les jeunes ouverts à leurs problèmes sont punissables.

La prévention doit bannir les idées moralisatrices. Elle doit offrir aux jeunes une explication de qualité et scientifique sur les drogues et doit leur offrir des possibilités de résoudre leurs problèmes. Beaucoup de ces problèmes sont causés par le système, par le fait que le capitalisme n’est pas capable d’offrir à tout le monde une vie agréable et utile. Cela nécessite des changements sociaux plus profonds que la politique répressive d’aujourd’hui.

95% des drogues illégales sont produites dans les régions du monde déchirées par des guerres civiles. La plupart de ces guerres ont leurs racines dans la situation économique. Les paysans d’Afghanistan cultivent ainsi le pavot parce la vente d’autres produits ne leur permettait pas d’avoir assez d’argent pour vivre.


Anja Deschoemacker