Noir Désir

Au coeur de l’été, l’annonce du décès de l’actrice Marie Trintignant, battue à mort par son compagnon Bertrand Cantat nous a bouleversés. D’autant plus que Bertrand Cantat n’est pas n’importe qui. C’est le chanteur de Noir Désir: un groupe résolument engagé contre le racisme, contre la mondialisation, contre les inégalités. Il était prévu que Noir Désir se produise au rassemblement du Larzac en août et à la fête de l’Humanité en septembre. Qu’au moment des coups portés à Marie Trintignant le couple ait été sous l’emprise de l’alcool et de la drogue ne change rien de fondamental au fond. La violence contre les femmes s’exerce dans toutes les classes sociales et dans toutes les tranches d’âge, même si cette violence n’est pas étendue partout dans les mêmes proportions.

En 1988, 6,3% des femmes interrogées en Belgique déclaraient «avoir subi des actes multiples de violence de la part de leur partenaire». En 1998 le taux était passé à 16,8%. C’est une des conséquences de la crise: le chômage persistant, l’extension du travail précaire et mal payé, les coupes budgétaires dans les services sociaux, pèsent davantage sur les femmes et en particulier celles des familles pauvres.

Cette violence est d’abord verbale. Les insultes sexistes («Salope!») continuent à être plus facilement tolérées que les insultes racistes. La violence est aussi psychologique. Le partenaire impose son pouvoir en dévalorisant l’opinion ou le comportement de sa campagne, en contrôlant ses sorties, en faisant des scènes de jalousie, en cassant des objets, en menaçant de coups. Cette violence intraconjugale est enfin physique (les coups) et sexuelle (le viol). Elle peut aller jusqu’à l’homicide.

Si vous êtes le témoin de tels actes (insultes, violence psychologique ou physique) à l’école, au travail, dans la rue, au café: intervenez!

Car on ne peut à la fois vouloir un monde socialiste et tolérer en même temps l’oppression dans la vie quotidienne.


Francine Dekoninck