Un conflit sur les pertes d’emplois dure depuis des mois à l’entreprise aéronautique Sabca (1.100 travailleurs). Fin mars un plan de restructuration a été annoncé: 321 licenciements et une baisse des salaires de 15%.
Les licenciements touchent les travailleurs (ouvriers et employés) des sièges de Haren et de Gosselies. Dès l’annonce de la restructuration tous les travailleurs de Gosselies ont arrêté le travail, suivis ensuite par ceux de Haren. Dans les semaines qui suivirent plusieurs arrêts de travail eurent lieu, à Gosselies comme à Haren, afin de faire pression sur la direction. Fin mai, la direction annonçait qu’il y aurait 25 licenciements en moins. Mais cela faisait toujours près de 300 travailleurs jetés sur le pavé!
Les syndicats ont proposé que les employés travaillent à 4/5 du temps pendant 3 ans pour éviter les licenciements. Mais la direction se dit prête à discuter cette proposition à la condition que tous les travailleurs acceptent une baisse de 11% de leurs rémunérations.
C’est totalement inacceptable, d’autant plus que les travailleurs ont déjà dû avaler une diminution de 12,64% des salaires lors d’une précédente restructuration.
L’attitude de la direction dans les négociations est révoltante. Une fois de plus la loi Renault n’est pas respectée. La direction avait seulement informé le Forem de Charleroi des licenciements, sans transmettre cela officiellement au conseil d’entreprise. Les propositions alternatives des syndicats et du personnel sont écartées sans la moindre discussion. Les syndicats ont donc déposé une plainte auprès du Forem et la procédure doit recommencer depuis le début.
Afin de contraindre la direction de négocier sur base des propositions syndicales (travail à 4/5 du temps et prépension à 52 ans) une grève illimitée a commencé en juillet. La direction a fait preuve, une fois de plus, de son cynisme en envoyant un préavis de licenciement à 30 travailleurs pendant la fermeture pour les vacances annuelles.
Dès la reprise du travail, les travailleurs sont immédiatement repartis en grève. En août, les travailleurs ont à nouveau rejeté la proposition de la direction par 77,2%. La direction a menacé d’opérer 72 licenciements supplémentaires. La direction prend donc les travailleurs en otages.
La pression a été tellement forte que les ouvriers de Haren ont finalement accepté la proposition patronale, avec une garantie d’emploi de 5 ans... pour ceux qui ne seraient pas licenciés! A l’heure de bouclage de notre journal les employés des deux sièges et les ouvriers de Gosselies ne s’étaient pas encore prononcés.
Dagmar Walgraeve