La Conférence fédérale sur l'Emploi a démarré le 19 septembre. Cette conférence devrait rendre la création de 200.000 emplois en 4 ans possible. En réalité, elle ne générera que des mesures s'attaquant aux chômeurs et non pas au chômage. Et ceux-là ne sont pas peu nombreux. Verhofstadt lui-même dit qu'un sixième de la population active est sans emploi.
Il y a eu des réactions de colère face à la proposition faite par Rik Daems, président de la fraction du VLD à la Chambre, par rapport à un travail d'intérêt collectif obligatoire pour les chômeurs. Les syndicats et le président du SP.a ont protesté. Même Yves Leterme, président du CD&V, trouvait cette proposition «particulièrement grossière». L'idée de donner une amnistie aux fraudeurs fiscaux et en même temps d'avoir la main lourde sur les «fraudeurs» sociaux a été caractérisée par la majorité des commentateurs comme «très immorale».
Comme si ce n'était pas justement le cas depuis déjà des années! Et comme si la Conférence allait permettre de mettre sur la table une proposition qui crée de l'emploi. A nouveau, le chômage semble être causé par l'attitude, l'éducation, l'âge,... des chômeurs. En réalité celui-ci est causé par le patronat qui veut produire toujours plus avec toujours moins de travailleurs pour faire toujours plus de profits. Et cela, combiné avec le démantèlement des services publics. Si on supprime de l'emploi partout... il y aura de nouveaux chômeurs! Ni le contrôle des chômeurs, ni les baisses supplémentaires de charges sociales ne vont y changer quelque chose.
La politique qui consiste à abaisser les charges sociales est déjà utilisée depuis 1981. A cette époque, la Belgique comptait à peu près 350.000 chômeurs. Après deux décennies de baisse des charges continuelles, et toujours plus importantes, on est maintenant, selon l'hebdomadaire Knack, à 580.000 chômeurs. Ce chiffre inclus ceux de plus de 50 ans et les chômeurs temporaires, mais ne tient pas compte des exclus du droit aux allocations (souvent des chômeuses obligées de devenir «femme au foyer»), ni de ceux qui travaillent à temps partiel (avec 13h/semaine on ne peut pas vivre),...
Les propositions concrètes sont: l'augmentation du contrôle sur la disponibilité des chômeurs, la transformation de vrais emplois (qui ont été supprimés auparavant) en petits boulots que les chômeurs seront ou pas obligés d'accepter,... Ensuite il y a toutes les variations possibles sur le thème «la fin du tunnel est proche». Le FMI prédit pour 2004 un doublement de la croissance économique. Spectaculaire!... S'il ne s'agissait d'une croissance d'environ 2%, ce qui signifie une perte de postes de travail ou dans le meilleur des cas d'une stagnation de l'emploi. De plus rien ne garantit qu'une telle "croissance" aura lieu.
La seule solution réelle au chômage est de répartir l'emploi disponible parmi tous les travailleurs. Et cela sur base de contrats fixes avec de bons salaires et de bonnes conditions de travail. Notre objectif n'est pas la création de 200.000 emplois tout court. Dans les circonstances actuelles ce seront des emplois mal-payés, temporaires, à temps partiel,... pendant que des milliers d'emplois fixes, payés correctement et à temps plein seront perdus. Une diminution du temps de travail à 32 heures par semaine (et moins si nécessaire) sans perte de salaire, le développement des services collectifs avec la création d'emplois statutaires à temps plein,... sont indispensables pour arrêter le cauchemar du chômage structurel.
Aujourd'hui l'économie américaine - «qui produit le plus d'emplois» - est prise ouvertement comme l'exemple à suivre. Aux Etats-Unis il faut souvent la combinaison de 3 emplois à temps partiel et mal-payés pour arriver à un salaire complet. Résultat: on estime que le nombre de pauvres est passé à environ 18% de la population. Pas de «solution» au chômage sur le dos des travailleurs et des chômeurs!
Il faut développer la mobilisation pour le droit au travail pour tous!
Anja Deschoemacker