Le Vlaams Blok prend sa source dans la collaboration
L’histoire du Vlaams Blok remonte à la collaboration flamande avec le régime nazi d’Allemagne. Des groupes comme le Verdinaso de Joris Van Severen ou le VNV (qui participait aux élections de 1935 sous le nom "Vlaamsch Blok") étaient des nazis convaincus qui participaient activement à la déportation des Juifs et de personnes ne pensant pas comme eux.
En Belgique, après la guerre, le prix payé pour la collaboration a été le recul des fascistes. En 1949 il y a eu une première tentative de construire une organisation politique avec la "Vlaamse Concentratie", un parti comprenant entre autre Karel Dillen (par après "président à vie" du Vlaams Blok) et Bob Maes (le fondateur du Vlaams Militanten Orde - VMO). On y trouve également les premiers négationnistes de l’Holocauste. Dillen a traduit un livre de Bardèche; ce dernier écrivait que les camps de concentration avaient été construits après la guerre avec des décors de film de Hollywood.
Dans les années 50 et surtout 60, le VMO est un lieu de rassemblement pour les fascistes en Flandre. Les membres actifs du VMO étaient entre autres Xavier Buisseret (actif dans le service de propagande du Vlaams Blok) et le sénateur du Vlaams Blok Wim Verreycken (tous deux arrêtés en 1963 lors d’une action violente du VMO à Ostende). En 1971 une "nouvelle version" du VMO est construite sous la direction de figures comme Bert Eriksson (membre des Jeunesses Hitlériennes dans les années 40), Luc Vermeulen (fondateur de Voorpost et aujourd’hui responsable du service d’ordre du Vlaams Blok), Xavier Buisseret, Siegfried Verbeke (qui va plus tard fonder "Vrij Historisch Onderzoek", un groupe qui nie l’Holocauste) et Roeland Raes. En 1978 Eriksson rassemble les dirigeants de deux scissions de droite (VVP et VNP) à Anvers pour commencer des discussions sur une initiative politique en commun et cela mena à la fondation du Vlaams Blok.
Vlaams Blok: néofasciste
Le programme du Vlaams Blok est toujours basé sur la brochure "Les principes de base". Un point central de cette brochure est le "solidarisme". On peut y lire que "Le solidarisme est pour le Vlaams Blok la véritable expérience de l’union du peuple naturel".
Le solidarisme signifie à l’origine qu’il n’y pas de différences entre travailleurs et capitalistes, mais seulement entre les peuples. Ce qui engendre une vision fortement antisyndicaliste. En 1983 Karel Dillen écrit: "Le Vlaams Blok a toujours mis l’accent sur ceci: la grève nuit, le travail produit. Aujourd’hui le Vlaams Blok dit: la grève est une crime."
D’autres points centraux dans le programme du Blok sont le nationalisme, le conservatisme éthique et le racisme. Ce dernier aspect a été élaboré dans leur fameux programme en 70 points. Celui-ci veut le renvoi des immigrés et leur refuser des droits comme la sécurité sociale et même le droit de participer à des élections sociales.
Un autre élément utilisé afin de qualifier un parti de fasciste est l’existence de troupes de choc violents. Nous devons cependant voir quand les fascistes sont capable d’utiliser ouvertement la violence. En Italie dans les années 20 et en Allemagne dans les années 30 les fascistes n’ont pu construire une base de masse, qui leur donnait la capacité d’utiliser la violence ouverte, qu’après des dures défaites de la classe ouvrière. La portée sociale ou l’acceptation de la violence est dans une très grande mesure dépendante de la réaction de la classe ouvrière contre cette violence. La force de mobilisation limitée du Blok et le fait qu’elle a surtout une soutien passif sur une base populiste, freine aussi une politique violente. Pour cette raison nous qualifierons le Vlaams Blok de néofasciste.
Le populisme comme méthode
Le Vlaams Blok a pris de l’importance avec des slogans comme «400.000 chômeurs, pourquoi alors les travailleurs immigrés?» Le slogan du Blok suggère que les chômeurs sont eux-mêmes responsable du chômage, ou que certainement les chômeurs immigrés sont responsable, pendant que les immigrés qui ont un travail prennent justement nos emplois. Cela ne donne pas une réponse sur l’origine de la crise économique ou des raisons des licenciements massifs dans les entreprises.
Le populisme, de gauche ou de droite, est une conséquence de l’impasse entre travail et capital. La bourgeoisie et son système est en crise. Il y a une méfiance dans les partis capitalistes traditionnels. En même temps la classe ouvrière n’a pas encore un instrument pour remplir le vide actuel, un parti large de masse. Avec un discours populiste on joue sur ce vide sans mettre le capitalisme en question.
Mettre le Blok «à l'épreuve»?
Un point de vue populaire est de laisser gouverner le Vlaams Blok. On pense à la chute de la Liste Pim Fortuyn (LPF) aux Pays-Bas. Il n’est pas correct de comparer la LPF avec le Vlaams Blok. La LPF est un ensemble incohérent dans lequel on ne retrouve que du populisme, alors que le Vlaams Blok est un parti fort. Même s’il est correct de dire que le Vlaams Blok est devenu électoralement important par l’utilisation des méthodes populistes; chez le LPF cette méthode est à la base de la formation du "parti".
Les partisans de l’idée de laisser le Blok au pouvoir veulent apparemment payer le prix de l’application dans la pratique du programme du Vlaams Blok. A Vitrolles le FN au pouvoir a provoqué la "purification" de la bibliothèque, l’abolition des associations culturelles qui n’étaient pas assez "propre au peuple", une politique dure et systématique vis-à-vis des o pposants politiques,...
Devons nous prendre un tel risque? Le MAS pense que non. Évidemment les partis traditionnels ne vont pas apporter une réponse au problème du Vlaams Blok, cela les conduit à inventer des théories à la chaîne. Seule la construction d’une opposition conséquente de gauche va pouvoir repousser à terme le Blok.
Pile: le costume cravate
Face: la violence brutale
Malgré l’image digne que le Vlaams Blok essaie de mettre en avant, le parti continue à utiliser l’intimidation, la violence et des accusations fausses pour éliminer des ennemis politique.
"L’action dure" en marge du parti est acceptée... du moment qu’elle n’est pas publiquement connue et condamnée. L’application de la violence et de la terreur dans la rue va être ouvertement propagée dès le moment que le Blok pense que cela est socialement accepté. On ne peut s’opposer à cela que par la mobilisation des masses et jouer sur le fait que le soutien pour ce parti est très passif et est présent seulement sur base de slogans.
Si nous voulons faire quelque chose contre la croissance électorale de l’extrême-droite nous devons offrir une alternative au système actuel. Le système capitaliste est basé sur la maximalisation des profits, dans lequel une partie croissante de la population est mise de coté. Afin d’éviter la protestation de ce groupe nous voyons toutes sortes de tactiques de la bourgeoisie qui sont destinées à diviser pour régner: la population est dressée contre les chômeurs qui sont des "profiteurs paresseux", les immigrés "importent leur misère", les pauvres dans les quartiers sont "aigris", les travailleurs en grève sont des "égoïstes",... Dans les faits, le racisme est créé par le système en crise.
En Italie le gouvernement de Berlusconi de 1994 -95 est tombé suite à un mouvement fort contre les assainissement dans le système des pensions. Le FN en France a reçu des coups par le large mouvement en 1995 contre les propositions asociales du gouvernement. Il est donc possible de repousser l’extrême droite par des campagnes contre la politique actuelle, mais si cela n’est pas lié à un programme socialiste, l’extrême droite peut reconquérir le terrain. On ne va rien gagner dans la lutte par l’acceptation de la logique néolibérale. Nous devons briser le capitalisme et construire une alternative socialiste.
Geert Cool