Percée électorale du FN
Comment lutter contre le fascisme?

Il est devenu commun, ces dernières années, de parler de l’extrême-droite francophone comme d’une anecdote et en aucun cas comme d’un danger politique. Assez stupidement, pour nombre de politiques, il n’existait de réelle menace que dans le nord du pays.

Par rapport à la Flandre, les scores fascistes en 1999 ont été minimes. Malgré l’incapacité et l’absence parlementaire, tant physique que politique, de leur unique élu à la chambre, malgré également une campagne électorale dont elle était quasi absente, l’extrême droite a progressé partout en Wallonie. Si on prend différentes circonscriptions, donc pour la Chambre, tous partis d’extrême droite confondus, nous avons à Liège 4,80% (4,21 en 99), dans le Namurois 5,73 (4,52 en 99), dans le Hainaut 8,98% (6,73% en 99) (en moyenne, mais 11,8% à Charleroi!) et 3,59% (2,65% en 99) dans le Luxembourg. Au Sénat, côté francophone, l'extreme droite est à 5%.

C’est principalement le Front national qui a su profiter du vote "protestataire", ses clones, le Front nouveau de Belgique et Nation, sont restés loin derrière.

Cette prépondérance du FN, malgré le manque de campagne par rapport à Nation, par exemple, met en lumière la seule chose stable et connue de ce parti, mis à part sa xénophobie: son nom. Ce dernier profite de son pendant français et fait donc la différence. Car, au niveau des programmes et des analyses, tous se présentent comme seule alternative et montrent du doigt "les pourris d’en face" (tant les autres fascistes que les autres partis).

L’essentiel des propositions ne concerne que des mesures superficielles ou populistes: "que les policiers s’occupent des criminels à la place de persécuter les automobilistes". La majorité de l’énergie de ces militants n’est canalisée que dans les luttes internes, le culte de la personnalité amenant aussi des envieux... Désormais Daniel Féret, président du FN et ancien libéral, siège au Sénat. Il est accompagné de Delacroix qui a été coopté (inculpé dans le passé de détention d’armes illégales et de littérature nazie). Ils ont désormais droit à une dotation publique. L’explication de ce phénomène électoral est à mettre à l’actif d’une couche de la société aux prises avec une situation socio-économique se dégradant sans cesse et qui ne voit pas de solutions à ses problèmes.

Le PS ne défendant plus ses intérêts, cette couche de la société est attirée par le dangereux chant des sirènes. Le problème du fascisme est à prendre à bras le corps. Si malgré, l’absence de leader charismatique et d’organisation forte l’extrême droite a gagné du terrain, leur progression ne peut que s’amplifier avec l’aggravation de la crise et l’absence d’alternatives pour la classe ouvrière.

Au-delà d’une campagne antifasciste qui peut certes obtenir des victoires et conscientiser une certaine couche surtout parmi les jeunes, il faut construire un large mouvement des jeunes et des travailleurs s’attaquant au noeud du problème, c’est-à-dire au capitalisme, générateur des inégalités sociales, de l’injustice et des divisions au sein de la classe laborieuse. Tous ensemble, nous devons construire une véritable alternative socialiste, seule solution durable contre le fascisme et le racisme. No Pasaran!

Participe à notre campagne antifasciste!


Nicolas Croes