Arc-en-ciel: vraiment contre la guerre?

Le mouvement contre la guerre prend des proportions de masse. Des masses de jeunes descendent dans la rue pour la première fois. Des centaines de milliers de gens laissent éclater leur colère contre la politique belliciste de Bush.

Nous voyons en même temps que le gouvernement belge fait tout ce qu’il peut pour récupérer ce mouvement. Verhofstadt dit que chaque manifestation contre la guerre pose la nécessité d’une armée européenne. Il plaide en fait pour l’émergence d’un impérialisme européen face à l’impérialisme américain. C’est l’absence de réponse politique du mouvement contre la guerre qui lui laisse le champ libre pour faire cela.

Les ministres des Affaires étrangères (Louis Michel) et de la Défense (André Flahaut) avaient dit qu’ils interdiraient les transports d’armes par la Belgique et le survol de notre territoire par les Américains. Comme on pouvait s’y attendre, ils faisaient marche arrière quelques heures plus tard. Et la nuit du 19 au 20 mars a encore vu des armes transiter par le port d’Anvers. Le comble de l’hypocrisie fut atteint lorsque le gouvernement belge a approuvé la livraison des mitrailleuses Minimi aux troupes britanniques basées au Koweit. La Région wallonne est l’actionnaire majoritaire de la FN de Herstal. Ils sont contre la guerre en paroles, mais ils n’hésitent pas un instant dès que l’occasion de faire du profit se présente.

Un autre exemple du double visage du gouvernement était l’arrestation préventive de militants pacifistes lors de l’action trainstopping à Melsele. 150 militants ont été retenus pendant 12 heures avant d’être libérés à 2h du matin dans un coin perdu de Gand. Ici aussi nous voyons que le gouvernement belge, placé devant l’imminence d’un transport important, n’hésite pas un instant à démontrer sa loyauté envers les Etats-Unis en faisant usage de la répression la plus forte possible.

Les travailleurs et les jeunes ne peuvent décidément compter que sur leurs propres forces. Il ne suffira pas de manifester. Nous devons frapper les va-t-en-guerre là où ça fait mal: dans leurs profits. Pour ce faire, nous avons besoin d’une stratégie consciente envers les syndicats et les militants dans les entreprises. L’Italie et la Grèce, où les appels à la grève ont été massivement suivis, nous montrent ce qu’il est possible de faire. En même temps, le débat sur le programme qui est le mieux à même de stopper la guerre doit avoir lieu au sein du mouvement. Si nous voulons parer aux tentatives de récupération du gouvernement, nous devrons construire un prolongement politique au mouvement.

Si nous voulons débarrasser le monde du spectre de la guerre, nous devrons en finir avec le système dont la guerre fait partie intégrante!