Les élections de 1991 avaient été appelées "Dimanche noir" car c’est à cette occasion que le Vlaams Blok avait fait une percée électorale. On peut parler de nouveau dimanche noir pour le 18 main 2003.
En effet, le Vlaams Blok gagne 3 sièges à la Chambre, alors qu’il y a 3 députés flamands en moins à la Chambre à la suite de déplacements de voix vers des partis franco-phones dans l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Dans ce même arrondissement le Vlaams Blok devient même le deuxième parti flamand avec 10,3%! Le "cordon sanitaire" n’existe plus dans le paysage médiatique en Flandre et le Vlaams Blok est invité sur tous les plateaux de télé.
Plusieurs listes fascistes étaient en concurrence du côté francophone: le FN, le FNB et Nation. Ces deux dernières listes ont été écrabouillées par la liste Front national (FN) de Daniel Feret qui est élu à la Chambre dans le Hainaut et qui parvient à faire élire son épouse au Sénat. Le FN aura ainsi droit aux subsides publics. Il obtient 11,84% à Charleroi, 7,06% à La Louvière, 6,94% à Mons. Il frôle un élu au parlement dans la province de Liège. Dans l’ensemble du Hainaut, le vote pour l’extrême-droite, toutes listes confondues, atteint une moyenne de 9%! Ceux qui pensaient que la Wallonie était vaccinée contre le vote pour des listes fascistes en sont pour leurs frais.
Certains s’étonneront peut-être qu’un parti quasi inexistant, qui ne s’est pas manifesté pendant quatre ans (ni meeting, ni manifestation, ni journal, ni activité parlementaire) puisse obtenir deux élus. C’est sans compter le bouillon de culture sur lequel se développe l’extrême-droite: les conséquences sociales de la crise pour la partie la plus touchée de la population et l’absence d’alternative radicale de masse à gauche.