La violence et la guerre sont-elles gravées dans la nature humaine? Les marxistes pensent que non.
Les premières sociétés primitives de chasseurs-cueilleurs étaient caractérisées par des relations de collaboration et de solidarité. Non par générosité, mais par intérêt collectif: un chasseur n'était jamais certain de trouver chaque jour sa pitance. Il fallait collaborer avec d'autres chasseurs pour pourvoir aux besoins de toute la communauté. Il n'y avait pas encore une classe dominante qui pouvait se libérer du travail et installer un appareil d'état oppressif: la production était encore trop basse pour cela. Il y avait parfois des conflits avec d'autres communautés, mais même dans ces cas-là il était impératif de collaborer pour pouvoir compter sur l'entraide réciproque en cas de disette.
La guerre est une nécessité quotidienne sous le capitalisme, tout comme dans les sociétés de classes et d'exploitation qui l'ont précédé. Mais d'une manière bien spécifique. Marx expliquait que la bourgeoisie avait besoin de l'état national pour créer les meilleures conditions du développement de l'industrie capitaliste à grande échelle. La nécessité continuelle de faire du profit et donc d'élargir le marché dans un système concurrentiel fait qu'on se heurte aux frontières du marché national. C'est d'autant plus le cas que l'extorsion de la plus-value par les capitalistes limite le pouvoir d'achat des travailleurs nationaux.
L'impérialisme a rendu possible vers la fin du 19ème siècle le dépassement des limites du marché national par l'exportation de capital et la création du marché mondial. Une fois le monde entièrement partagé, les bourgeoisies nationales ne peuvent plus modifier ce partage que par la guerre. Ce que la classe dominante allemande a tenté de faire lors de la première guerre mondiale.
La première guerre mondiale a été précédée de plusieurs décennies de militarisation par, entre autres, les classes dominantes allemande et anglaise. En Allemagne, le fabriquant de canons Krupp a fait d'énormes bénéfices. Les dépenses militaires britanniques ont plus que doublé dans la décennie qui a précédé l'éclatement de la première guerre mondiale. Le Pentagone aux Etats-Unis reçoit aujourd'hui plus de 400 milliards $ par an pour semer la mort et la destruction. Imaginez-vous ce qu'une telle somme représente en termes de soins de santé, d'emplois convenables et d'enseignement au niveau mondial !
La militarisation, y compris la montée de nouvelles puissances nucléaires, est aujourd'hui la dernière carte d'un capitalisme en proie à une crise désespérée. Les Etats-Unis et Bush utilisent leur appareil militaire pour changer les rapports de force entre le travail et le capital au niveau mondial; la conquête militaire de l'Irak riche en pétrole est un cas d'école.
Seule l'instauration d'une société socialiste peut stopper cette fuite en avant insensée vers un cimetière social. Une économie planifiée internationalement mettrait fin à la concurrence entre les états nationaux et, du même coup, aux guerres qui en résultent. On pourrait investir les sommes astronomiques qui sont consacrées à l'armement dans le relèvement de la qualité et du niveau de vie de la planète entière.