Le Rassemblement bruxellois pour le Droit à l’Habitat (RBDH) identifie 4 problèmes centraux. L’offre de logements sociaux est absolument insuffisante. Les prix du secteur privé ont connu une flambée ces dernières années. Le problème des immeubles vides. Et le fait que l’impôt des personnes physiques, qui est lié au revenu, constitue la principale source de recettes pour beaucoup de communes. Elles ont donc tout intérêt à attirer les revenus moyens. La situation est catastrophique et exige des mesures drastiques.
par Wouter Gysen
Si nous additionnons tous les logements sociaux, les logements du Fonds du Logement et ceux des Agences de Location sociale, on arrive à un total de 39.450. Ce n’est que 15,78% de l’ensemble du parc locatif. On estime qu’il y a au moins 17.000 familles sur les listes d’attente!
Les loyers ont fortement augmenté en Belgique ces 15 dernières années. Le loyer minimal pour un studio s’élève à 350 euros alors que le minimum vital d’un isolé s’élève à 572 euros. Si on prend une famille, le loyer minimal pour un appartement de 2 chambres s’élève à 450 euros pour un minimum vital de 762 euros.
Les charges locatives pèsent donc énormément sur le budget familial et deviennent un facteur de paupérisation en raison d’une mauvaise politique. 20% des Belges vivent actuellement d’un revenu de remplacement. Une personne sur 4 a déjà été confrontée à la pauvreté! Rien que cette année, le chômage a déjà augmenté de 19%.
On estime à 30.000 le nombre de logements vides dans la Région bruxelloise! Pour ce qui est de la taxe sur les logements vides: le contrôle est lacunaire et les propriétaires usent et abusent des nombreuses possibilités d’appel. La loi Onkelinx permet en théorie de réquisitionner les logements vides pour les sans-abris, mais cela ne s’est évidemment jamais produit.
Le logement doit soutenir la concurrence avec des fonctions économiquement plus fortes. Cela entraîne la disparition de logements, une spéculation galopante et une hausse des prix dans les quartiers populaires de la première couronne.
40% des recettes de la Région bruxelloise proviennent de l’impôt des personnes physiques, 17% des droits d’enregistrements sur les logements vendus. Les communes perçoivent environ 30% de l’impôt des personnes physiques. Les communes s’efforcent donc d’attirer les revenus moyens et stimulent davantage la vente que la location de logements. Elles ne voient donc pas d’un bon oeil les logements sociaux et les logements à louer qui leur coupent l’herbe sous le pied.
Le RBDH défend plusieurs revendications concrètes. Il veut un élargissement significatif du parc de logements sociaux, ce qui implique un doublement du budget alloué au logement social. Il veut aussi imposer un plafond des loyers contrôlé par un service spécial et l’introduction d’une allocation-loyer généralisée liée au revenu.
Il exige en outre la perception effective de la taxe sur les logements vides et une gestion sociale de ces logements; des critères minimums de salubrité, des prêts à la construction bon marché pour stimuler la rénovation, l’obligation de relogement sous peine de sanction.
Le RBDH a mené des actions pendant 2 mois. Le point d’orgue a été une manifestation dynamique. On s’attendait à une participation de 600 personnes, il en est venu trois ou quatre fois plus.
Le site web du RBDH: www.rdbh-bbrow.be