Au conseil de district de Deurne, deux conseillers ont voté avec le Vlaams Blok et un parlementaire du VLD a voté pour une résolution du Blok.
Ward Beysen et son "Appel Libéral" ne disent pas de renforcer le cordon et de ne pas conclure de coalition. Ces quelques éléments nous font remarquer que le cordon autour du Blok commence à "tituber", ce que certains se disent déjà.
Le MAS/LSP a toujours dit que le cordon ne donnait aucune réponse à la montée électorale du Blok, mais que nous serions les premiers a aller en action quand le Blok participerait quelque part au pouvoir.
Le Vlaams Blok n'est pas comme un parti de droite classique, mais un parti qui se réfère à la tradition du fascisme.
En Allemagne dans les années trente, on a vu comment les nazis sur base des défaites du mouvement ouvrier (révolutions de 1918 et de 1923) et de la crise économique (après le crash boursier de 1929) ont réussi à construire un parti de masse qui était capable de casser le mouvement ouvrier en utilisant la violence physique, et ce surtout à cause d'une trop faible réponse de ce mouve-ment ouvrier. La direction du très fort Parti Communiste était d'avis que les nazis n'étaient qu'un simple parti bourgeois, ou plus correctement: que les autres partis étaient une version "plus sociale" des fascistes.
Cette position a abouti à un manque d'opposition grâce auquel les nazis ont pu s'organiser et construire un rapport de force afin de se fortifier à un moment ou des couches décues de la classe moyenne étaient a la recherche d'une alternative.
Le Blok essaie lui-aussi aujourd'hui de construire un rapport de force, bien qu'il soit beaucoup moins favorable qu'à l'époque des nazis. Ils ne parviennent pas à rendre actifs d'importants groupes de gens. Cela apparaît par exemple dans des études de la VUB sur le Blok. Plus de 10% des électeurs du SP.A ou du CD&V sont aussi membres du parti alors que pour le Blok il n'y en a que 2%. A Gand par exemple, en 1999, le Blok a récolté 56.447 voix, mais n'avait seulement que 882 membres. Et dans beaucoup de cas, ces membres-là ne connaissaient rien du parti; le Blok ne connaissait même pas en 1999 l'age de la moitié de ses membres. Ils sont par conséquent contraints à se baser essentiellement sur une méthode populiste afin d'accrocher un électorat passif. Cela explique pourquoi nous décri-vons aujourd'hui le Vlaams Blok comme un parti "néo-fasciste".
Mais cela ne les rend pas pour autant "inoffensifs". Le Blok saisira toutes les chances qui s'offriront à lui pour aller plus loin que l'attitude attentiste qu'ils sont forcés d'avoir aujourd'hui. Il essaiera de mobiliser les classes moyennes afin d'appliquer une politique violente, ce qui s'est déjà vu (par exemple de la part de leur organisation étudiante, le NSV).
Le Blok n'est pas un parti "normal" de droite et par conséquent nous devons leur résister si ils réussissent à mettre sur pied un rapport de force plus fort et donc une participation au gouvernement. Le Blok peut croître comme une moisissure sur le système pourri que nous connaissons. Ils peuvent utiliser le mécontentement et le désespoir. Les partis bourgeois n'ont évidemment aucune réponse à ces sujets. Ou bien comme Herman Decroo (VLD) qui définit: "Regagner électeur après électeur est un peu plus difficile que de conclure un cordon sanitaire ou bien de procéder pour leur ôter leur argent."
Notre tâche doit être quelque chose de plus ambitieux que la politique bourgeoise comme celle de Herman Decroo. Nous voulons regagner les électeurs afin de montrer que nous avons une alternative au système actuel à offrir et ce non pas seulement avec des mots mais aussi avec des campagnes et des actions concrètes. Ce défi est énorme. Comme Trotsky qui disait: "Le désespoir contre-révolutionnaire" (fascisme) ne pourrait vaincre qu'après une déception de l'espoir révolution-naire."
Geert Cool