Grande-Bretagne: Les pompiers ne sont pas encore battus

Le premier ministre Blair est en train de mener deux guerres. Une contre l'Irak, mais une aussi contre sa propre population. Le conflit avec les pompiers britanniques dure déjà depuis quelques mois.

Néanmoins, ils ne réclament pas grand-chose. Une augmentation de salaire qui coûte 400 millions de livres anglaises (£) n'est rien comparé aux 5 milliards de £ dont Blair a besoin pour sa guerre contre l'Irak. Par contre, le gouvernement britannique prétend "qu'aucun gouvernement sur terre ne pourrait accorder une telle revendication". Alors que les grévistes ne réclament que 400 millions de livres; la grève a déjà coûté 80 millions de £ à la trésorerie britannique.

On veut licencier au nom de la "modernisation". Mais celle-ci signifie moins de casernes, moins de pompiers, plus de risques pour la population et des primes d'assurance plus élevées.

Pourtant un rapport indique que le service d'incendie doit être doublé dans certaines parties de la Grande-Bretagne. Ce rapport est caché à la population. Celui-ci estime que le budget pour les services d'incendie doit être augmenté de 2,2 milliards de £. La politique d'austérité de Blair est donc dénuée de fondement et aura donc des conséquences catastrophiques.

Les sociétés d'assurances partagent cette opinion. Elles annoncent déjà la fermeture de casernes, la diminution du nombre des pompiers ainsi que le travail de nuit Tout cela aboutira à une augmentation importante des primes d'assurances. Le programme de "modernisation" causera donc encore plus de dégâts.

Comme la guerre contre l'Irak est à l'ordre du jour, Blair se hâte de stopper la grève car si elle continue l'armée devra assumer la tâche des pompiers. Un soldat anglais sur sept serait alors chargé de cette mission. Placée dans une telle situation, l'Angleterre ne pourrait collaborer pleinement à une invasion de l'Irak. Blair veut donc casser la grève par tous les moyens. On évoque même la suppression du droit de grève pour les pompiers. Une lutte commencée pour de meilleurs salaires est donc devenue une lutte pour le maintien de l'emploi, des conditions de travail et du droit de grève. L'écrasante majorité de la population soutient les pompiers. Les travailleurs britanniques se rendent compte qu'une victoire des pompiers constituerait un atout pour tous les travailleurs. Il est temps que New Labour soit remplacé par un véritable parti des travailleurs.

Jonas Van Herzeele