Ecolo n’arrive pas à digérer sa défaite historique du 18 mai. L’élection du nouveau secrétariat fédéral a été entachée d’un incident révélateur.
Au lendemain de la défaite, le secrétariat fédéral sortant était bien décidé à rester en place jusqu’aux élections de juin 2004. Mais il a finalement dû jeter l’éponge suite aux nombreuses critiques émises dans les assemblées locales du parti.
Il fallait donc élire d’urgence un nouveau secrétariat fédéral. Deux équipes concurrentes se faisaient face. L’une était emmenée par le député wallon Bernard Wesphael, l’autre par le député européen Paul Lannoye. Il fallait une loupe pour discerner ce qui les séparait. Aucune des deux, par exemple, ne remettait en cause le maintien de la participation d’Ecolo aux gouvernements wallon et francophone.
L’équipe Lannoye comprenait la députée régionale bruxelloise Fatiha Saïdi. Soudain, à quelques jours de l’élection du 6 juillet, Saïdi annonce avec fracas qu’elle renonce à sa candidature et qu’elle quitte Ecolo. Elle invoque des pressions «d’ex-cabinettards» qui se serait livrés à des manoeuvres peu reluisantes contre elle, y compris des attaques à connotation raciste, pour torpiller l’équipe Lannoye. Les deux équipes se sont pourtant entendues pour étouffer l’affaire Saïdi. Finalement, c’est l’équipe Wesphael qui a été élue.
L’élection de l’équipe Wesphael signifie un tournant à droite d’Ecolo. Wesphael accuse le PS d’être resté à l’âge industriel et prétend que la lutte des classes est dépassée. Il veut instaurer un régime présidentiel à Ecolo semblable à ce qui se fait dans les autres partis bourgeois. Il pense pouvoir regagner 6% des électeurs en juin 2004. Il ne sera pourtant pas facile de se requinquer dans l’opposition tout en continuant à toucher les prébendes du pouvoir...
Thierry Pierret