1er Mai, Fête du Travail
Socialisme: les paroles et les actes

1er mai, Fête du travail. Toute la question est évidemment de savoir ce qu’il peut bien y avoir à fêter pour ceux qui doivent vivre de leur travail. Les licenciements, les faillites, les fermetures pleuvent drus. Un million de gens sont sans emploi ou sous-employés.

Les dirigeants du PS et du SP.A vont vaguement se rappeler que le socialisme avait quelque chose à voir avec la défense des intérêts de la classe des travailleurs. L’idée que les intérêts des travailleurs et de leurs familles (et par extension les allocataires sociaux) sont inconciliables avec ceux des patrons et qu’il faut donc une autre société ne leur venait plus à l’esprit depuis longtemps déjà. Mais aujourd’hui, il n’est même plus question d’obtenir des améliorations significatives du niveau de vie de la majorité de la population.

Les dernières décennies ont vu les salaires quasiment stagner et donc baisser en termes réels (le pouvoir d’achat). Les allocations de chômage et les pensions ont même baissé davantage encore. Le fossé entre riches et pauvres s’est creusé également sous les gouvernements à participation social-démocrate. Là où les 10% les plus riches possédaient 20,4% des revenus en 1982, ce chiffre a crû à 29,4% en 2001 (soit plus de 50% qui doivent vivre avec 24,1% des revenus). En 1996, le premier pourcent le plus riche de la population avait plus de richesses (19,7%) que les 60% les plus pauvres. Alors que ceux-ci ne peuvent évidemment augmenter leur part de richesse qu’au détriment de ceux-là, les partis sociaux-démocrates n’en continuent pas moins de bavarder sur "l’intérêt général"!

Les ministres du PS et du SP.A vont aussi se rappeler que les socialistes s’opposent à la guerre et aussi à l’idée qu’un travailleur soit forcé par sa bourgeoisie nationale à en tuer un autre qui n’est différent de lui que par sa nationalité. Et ils vont mettre à leur crédit le point de vue ô combien "progressiste" du gouvernement. Ils comptent bien que ce rideau de fumée empêchera les travailleurs de voir la réalité, notamment que ce gouvernement s’est plié pour l’essentiel à toutes les exigences des Etats-Unis.

Le 1 mai, le MAS sera là afin de mettre la social-démocratie face à son propre passé qu’elle a rejeté. Avec Résistance Internationale, nous avons donné aux jeunes et aux travailleurs la possibilité de résister contre l’Europe du capital qui sert de couverture aux gouvernements nationaux pour privatiser et pour démanteler la sécurité sociale. Nous leur avons donné la possibilité de s’opposer à la guerre avec les comités anti-guerre. Nous allons cette fois donner aux travailleurs qui vont traditionnellement aux parades du 1 mai la possibilité de voter pour une alternative. Nos résultats électoraux ne seront rien à côté de ceux du SP.A et du PS, des partis avec une longue histoire et beaucoup d’argent. Nos voix n’en seront pas moins des voix pour l’avenir, pour le début d’un nouveau mouvement de la classe des travailleurs qui, à terme, se détournera de toutes ces fables sur "l’intérêt général" et s’engagera dans une lutte déterminée pour ses propres intérêts, c’est-à-dire pour les intérêts de la majorité de la population.


Bart Van der Biest